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Le Festival de Cannes 2019 ouvre ses portes

Posté par ENO filles le 14 mai 2019

CANNES 2019

FESTIVAL CANNES 2019 PALME

Site officiel

EN DIRECT

MAITRE DE CEREMONIE:  Édouard Baer

FESTIVAL CANNES 2019 EDOUARD BAER

Image du site La Voix du Nord

20H LE FILM D’OUVERTURE

FESTIVAL CANNES 2019 FILM OUVERTURE

Vivez l’ouverture en direct ou presque dans votre cinéma   à 20h15 et 22h30 

AU CINEMA PATHE – AVE 83 

03 FESTIVAL CANNES 2019 FILM OUVERTURE

Comédie (1h45)

Interdit -12 ans
sortie le 14 mai 2019
U.S.A.
Réalisateur : Jim Jarmusch
avec : Chloë Sevigny , Bill Murray , Tilda Swinton , Adam Driver , Danny Glover ,Steve Buscemi , Tom Waits , Selena Gomez, Caleb Landry Jones , Austin Butler

Le film est présenté en ouverture du Festival.

Un film d’horreur en ouverture du Festival de Cannes ce n’est pas courant.

Et juste après le discours d’Édouard Baer, maitre de la cérémonie il sera possible de découvrir en avant-première -la veille de sa sortie en France-, le film comédie-horrifique de Jim Jarmusch « The Dead

Le film se déroule un casting prestigieux avec Bill Murray, Iggy Pop, Tilda Swinton ou encore Selena

4 Iggy Pop

IMAGE DU SITE DES ZOMBIES SUR LA CROISETTE

Comme dans tout bon film de zombies, l’histoire débute avec des morts qui reviennent à la vie…

La lune est omniprésente dans le ciel, la lumière du jour se manifeste à des horaires imprévisibles et les animaux commencent à avoir des comportements inhabituels… Personne ne sait vraiment pourquoi. Les nouvelles sont effrayantes et les scientifiques sont inquiets.

Nul ne pouvait prévoir l’évènement le plus étrange et dangereux qui allait s’abattre sur Centerville : THE DEAD DON’T DIE

Les morts sortent de leurs tombes et s’attaquent sauvagement aux vivants pour s’en nourrir.

La bataille pour la survie commence pour les habitants de la ville.

 

Pourquoi cette année le festival ouvre-t-il ses portes avec un film d’horreur?

LE CINÉMA ENTRE ILLUSION ET REALITE

Comme je vous l’ai déjà dit, je suis une passionnée de cinéma et ce depuis toute petite.

Le cinéma sublime la vie quotidienne et fait rêver… ou cauchemarder !

Il nous fait découvrir le monde à la manière de Jules Verne par exemple.

Les romans de cape m’ont enthousiasmée : j’ai vu Scaramouche sept fois en 1952. J’avais 11 ans. Je crois qu’on n’a jamais fait mieux depuis.

Le cinéma on peut s’en douter m’a souvent permis de m’évader. Le cinéma c’est l’aventure au quotidien.

Et ce d’autant plus que je fus depuis ma plus tendre enfance, entourée de plusieurs membres de ma famille.

Cette passion du cinéma ne s’est jamais dissipée et mon approche des films s’est approfondie en même temps que la connaissance grandissait.

La connaissance fait grandir notre vision du monde même si elle ne la rend pas forcément plus claire. Nous cherchons sans cesse à comprendre, à analyser, à déduire. Alors dans les films nous découvrons des messages qui semblent s’adresser à nous et vouloir nous éclairer et répondre à nos interrogations.

Le cinéma n’est pas une simple distraction. Les réalisateurs y mettent leurs âmes et les acteurs apprennent en entrant dans ces rôles qu’on leur attribue.

Quand on les écoute parler de leurs films au cours de leur carrière on s’aperçoit de leur évolution dans tous les domaines.

Nous savons que selon les époques les films ont délivré ou ont tenté de nous délivrer certains messages.

De nombreux films véhiculent des messages politiques. D’autres s’attachent aux grands problèmes sociétaux. Et ils sont nombreux !

Le cinéma est aussi un moyen de vente. Certains films sont de vrais messages publicitaires.

La guerre est toujours un thème vendeur. Les soldats sont représentés comme des tops models, des héros. On a eu Superman, La guerre des étoiles

Et on aboutit tout naturellement au paranormal, à l’au-delà… et aux zombies.

Mais cela reste une comédie.

Et le cinéma reste un art : il est toujours engagé sur le chemin de la découverte, du progrès et de la technique.

Le choix d’un tel thème au festival de Cannes ne peut que nous interpeller tant il colle à la réalité :

Avec la télé, les sites comme Netflix. Avec ces séries qui maintiennent les gens en appétit, les médias qui ont envahi notre quotidien, les réseaux sociaux qui incitent les gens à tout dévoiler et à se mettre en scène, avec le WEB qui déverse sur nous des flots d’informations, le monde est en ébullition autour de nous et nos rêves ont changé, bien malgré nous.  

Personne ne peut y échapper.

 

HISTOIRE DU FESTIVAL CANNES

 

La naissance du Festival de Cannes en 1939

EN SAVOIR PLUS

La naissance du Festival de Cannes en 1939 – Mairie de Cannes

LE FESTIVAL DE CANNE SUR WIKIPEDIA

Aujourd’hui, le Festival de Cannes est le plus grand événement cinématographique du monde alors qu’il y a à peine quelques décennies, en 1939, il n’était qu’un modeste festival créé pour s’opposer à la Biennale de cinéma vénitienne et à son organisation prise en main par Mussolini et Hitler.

La création d’un festival contre la menace fasciste

Curieux destin dû au hasard de l’histoire et aux talents des hommes qui ont su l’imposer et, dans un même temps, ont élevé Cannes au rang de capitale mondiale du Septième art. Ainsi, on doit la création du Festival cannois à un enchaînement d’événements politiques, à la veille de la Deuxième Guerre mondiale, dont le point de départ est la VIe édition de l’Exposition de Venise en juillet 1938 ; cette année-là, la France, est représentée par une sélection de films et, dans le jury de la Mostra, par le diplomate Philippe Erlanger et le journaliste René Jeanne.

Et tout commence à Venise en 1938

Le Festival de Venise, créée en 1932, offre au monde son premier concours international dédié au cinéma et, aux pays participants, une occasion de rencontrer et de comparer leur savoir-faire.

Pour un moment, la Mostra s’impose comme la grande fête du cinéma mondial mais bientôt, l’influence allemande s’immisce dans la politique italienne et dans le palmarès de cette Biennale d’art. En 1937, Adolf Hitler apprend que les films allemands n’ont reçu aucune récompense importante et que le Prix du jury est attribué à La Grande illusion de Jean Renoir. Le succès remporté par ce film pacifiste déplaît au chef allemand qui décide, pour l’édition suivante, de s’entendre avec son homologue italien afin de dicter l’attribution des récompenses.

La Mostra ouvre de nouveau ses portes en septembre 1938. Le jour de la clôture, le jury se réunit pour décider du palmarès ; l’unanimité se fait sur un film américain mais, Hitler intervient. Ses ordres menaçants imposent aux jurés représentant les satellites de l’Axe de revenir sur leur choix. Le chef allemand parvient ainsi à faire modifier le palmarès quelques heures avant l’annonce des résultats. Le documentaire de propagande nazie, Les Dieux du stade (Olympia film) de Leni Riefenstahl et le film italien Luciano Serra, pilote (Luciano Serra, pilota) de Goffredo Alessandrini reçoivent la Coupe Mussolini, plus haute récompense de la manifestation. Toute cette agitation trouble les membres du jury représentants des démocraties ; certains d’ailleurs donnent leur démission avant même la proclamation des prix. Froissés et extrêmement déçus de l’attitude italienne, les représentants de la France, des États-Unis et de la Grande-Bretagne quittent la Mostra et sont bien décidés à ne plus y revenir.

Après un moment d’inquiétude, maisons de production et ministères dédiés au cinéma réagissent. La Suisse et la Belgique envisagent désormais, par la création d’une biennale de cinéma, de succéder à Venise.

Dans le train qui le ramène en France, Philippe Erlanger, encore sous le choc des événements vénitiens, pense déjà à organiser une manifestation en remplacement de la Mostra pour donner au monde un festival libre, sans pression ni contrainte. Dès son retour, il contacte les autorités concernées et ne tarde pas à leur présenter un projet. Le temps presse pour mettre en place un festival français capable de concurrencer le prochain concours vénitien.
Avec l’approbation de Jean Zay, ministre de l’Éducation nationale, et celle d’Albert Sarraut, ministre de l’Intérieur, l’idée d’une manifestation française consacrée au cinéma prend un caractère officiel.

Les crises politiques ralentissent la création du festival

La fin des années trente, en Europe, est marquée par un contexte de crises politiques graves provoquées par le désir d’expansion de l’Allemagne et de l’Italie. La France décide de ménager ces États totalitaires et particulièrement l’Italie qui revendique de plus en plus fortement des territoires méditerranéens sous domination française.

Pour éviter le conflit, les dirigeants français condamnent tout acte d’hostilité ou d’opposition au régime mussolinien par crainte des conséquences. Cette nouvelle situation, sans mettre un point d’arrêt, ralentit la création d’un festival cinématographique concurrent de la Mostra. Le gouvernement français étudie toujours le projet de Philippe Erlanger mais reste très divisé sur la question.

D’un côté, le ministre de l’Éducation nationale, Jean Zay, responsable du domaine artistique, qui soutient ce projet important pour le cinéma français. Il a déjà mis en place, au niveau national, un concours cinématographique qui prime les cinq meilleures œuvres de l’année. Cependant, pour assurer une véritable promotion aux films français à l’étranger, Jean Zay encourage l’initiative de Philippe Erlanger ; l’Europe doit avoir un festival de cinéma où l’art ne doit pas être influencé par les manœuvres politiques.

De l’autre, le ministre des Affaires étrangères, Georges Bonnet, responsable des manifestations à caractère international, qui reste hésitant sur la question pour de pas envenimer les relations franco-italiennes. Alors de septembre 1938 à mai 1939, la création du Festival français ne concerne plus directement le cinéma ; elle devient une véritable affaire d’État.

 

Après de longues discussions et contre toute attente, le gouvernement donne son accord à la réalisation du projet au printemps 1939. Depuis le début de l’année, le consulat français en Italie cherche à en savoir plus sur le déroulement de l’édition vénitienne en préparation. En mai, l’organisation se dévoile : la Biennale réserve un accueil triomphal au ministre de la Propagande allemand, le Dr Gœbbels, ce qui souligne la consolidation de l’alliance entre l’Italie et l’Allemagne. Tout cela laisse présager que l’édition future se pliera aux exigences de la politique fasciste et ne laissera aucune liberté aux autres participants.

Cette information est le détonateur qui pousse le gouvernement français à entamer officiellement les préparatifs de son festival cinématographique rival. Il est prévu d’organiser cette manifestation sur la Côte d’Azur, choix que Georges Prade, conseiller municipal de Paris, suggère aux organisateurs. C’est ainsi qu’en juin 1939, les médias annoncent officiellement la création du Festival de Cannes dont l’ouverture est prévue le 1er septembre, en même temps que la compétition vénitienne. Il ne reste alors à la France que quelques mois pour préparer sa manifestation.

L’unanimité se fait autour du Festival français

Pour ne pas créer de tensions supplémentaires, l’État français décide d’obtenir le soutien de l’Allemagne et de l’Italie ; les communiqués officiels rappellent que le Festival français en préparation ne sera pas une machine de guerre mais bien un rendez-vous mondial de cinéma très différent de la Mostra.

L’accent est mis sur l’originalité de la manifestation

Chaque pays choisit ses films, le jury représente l’ensemble des participants et toutes les nations présentes reçoivent un Grand Prix dans un esprit d’objectivité artistique et d’impartialité absolue.

La France ne s’autorise d’ailleurs aucune récompense particulière en tant que pays organisateur. Question de prestige, la présidence d’honneur de la première édition est proposée à Louis Lumière, père du cinématographe. Ce nouvel ambassadeur du Festival cannois veut convaincre les réalisateurs étrangers de soutenir l’initiative française. Alors, les invitations sont envoyées à tous les pays producteurs de films ; l’Allemagne et l’Italie ne sont pas oubliées.

Un mois plus tard, les premières réponses arrivent par voie diplomatique. Sans surprise, les deux États fascistes déclinent l’invitation de la France. Certes, ils n’apprécient pas la concurrence faite à la Mostra mais, à ce moment-là, ils sont bien plus préoccupés à préparer la guerre.

Pour des raisons très différentes, la  Suisse décline à son tour l’invitation à la fin de juillet 1939 car les autorités fédérales concentrent leurs efforts sur l’Exposition internationale de Zurich. D’autres pays regrettent de ne pas pouvoir participer au concours cannois comme l’Afghanistan, le Canada, l’Égypte, la Hongrie, la Lithuanie, la Norvège, la Thaïlande ou bien encore l’Union sud-africaine. Ces pays ne produisent que peu de films et ne possèdent aucune organisation officielle en matière de cinéma, ce qui les exclut de toute compétition internationale. Devant l’impossibilité de faire parvenir des films dans des délais aussi courts, le Japon s’excuse également de refuser l’invitation.
De l’autre côté, de nombreux pays s’engagent aux côtés de la France ; c’est le cas des États-Unis qui d’ailleurs, grâce à la puissance de leur industrie cinématographique, vont aider la manifestation cannoise à s’imposer comme un véritable événement mondial. Les dirigeants de la Mostra tentent alors de regagner la confiance des Américains en leur proposant des avantages financiers mais en vain.
Plus délicat sera le cas de la Grande-Bretagne car les maisons de production britanniques s’engagent à soutenir le Festival de Cannes mais tiennent également à envoyer des films à Venise. Après quelques négociations, les producteurs se rangent aux côtés de la manifestation française.
La participation soviétique à Cannes est aussi indispensable même si l’enjeu est différent. Les raisons sont plus politiques que cinématographiques puisque la France espère obtenir la coopération militaire de l’URSS contre l’offensive allemande qui se prépare. Mais la signature du pacte de non-agression entre l’Allemagne et l’URSS met un terme aux négociations des démocraties. Les Soviétiques maintiennent néanmoins leur adhésion au Festival français.
Le ministère des Affaires étrangères reçoit très vite les réponses de la Belgique, la Hollande, la Suède ainsi que la Tchécoslovaquie qui proposent déjà une sélection de films. Tandis que le Danemark, le Mexique, la Pologne, la Roumanie et le Portugal, engagent leur participation, au moins par la venue d’un représentant dans le jury si les conditions le permettent.

Les conditions d’ailleurs ne le permettront plus car la crise s’annonce durant l’été 1939 et les opérations militaires allemandes bouleversent l’Europe. En août, il ne reste que neuf pays pouvant être représentés à Cannes pour l’ouverture de la première édition du Festival. Les organisateurs français, soulignent néanmoins leur succès car, malgré les absents, ils ont obtenu la participation des États démocratiques les plus puissants de l’industrie cinématographique et de l’URSS.

Cannes devient la ville du Festival

Les pays producteurs de films ayant donné leur accord, la France commence officiellement la préparation du Festival international. La première question posée est celle du lieu. Quelle ville répond aux critères nécessaires à l’organisation d’une telle manifestation ?

Les responsables italiens ont choisi Venise pour leur Exposition ; la ville possède déjà une grande renommée internationale en raison de son passé historique et de son site unique. La France devait l’égaler, donner à son festival un cadre aussi prestigieux.
Quelques villes françaises, reconnues mondialement, peuvent prétendre à l’organisation d’un festival. Grâce à leur développement touristique, toutes possèdent des équipements et des installations essentiels à l’accueil de l’événement. Cannes, Biarritz, mais aussi Vichy, Deauville, Aix-les-Bains, Le Touquet, apparaissent sur la liste. La ville d’Alger se présente également, soutenue par le président du Conseil, Édouard Daladier.
L’effet n’est que de courte durée car, la plupart des villes se trouvent dans l’impossibilité de construire et d’aménager, en quelques mois, une salle de projection pouvant accueillir un millier de spectateurs. Philippe Erlanger, en tant que responsable du projet, retient alors deux sites : Biarritz et Cannes.

Après quelques études, les responsables donnent très vite leur préférence au Sud de la France plus particulièrement à la Côte d’Azur, région baptisée ainsi en 1887 par le poète Stephen Liégeard pour rappeler l’harmonie et la beauté du lieu. Et les sites paradisiaques de la région azuréenne semblent agir en sa faveur ; la décision des organisateurs du Festival se fait attendre mais quelques rumeurs rapportent que la préférence des dirigeants serait la ville de Cannes.

 

Au sein du gouvernement, la question est évoquée et le choix paraît difficile car les comités de tourisme et les directeurs de palaces des deux villes se livrent une bataille acharnée. D’un côté, il y a Biarritz, station balnéaire connue grâce à la présence de Napoléon III et Eugénie mais qui, à la fin du Second Empire, commence à décliner. De l’autre, il y a Cannes ; depuis l’arrivée de Lord Brougham en 1834, c’est une ville en plein essor attirant chaque année de nouveaux résidents étrangers.
Devant ce dilemme, le gouvernement décide de créer un comité de coordination composé des représentants des différents ministères concernés par le festival. Ce comité étudie les atouts de chaque ville et envoie ses représentants sur place ; ainsi, Philippe Erlanger se rend à Cannes. On chuchote alors que le choix pourrait se porter sur la cité méditerranéenne mais, coup de théâtre, le 9 mai 1939, l’annonce est faite : la ville de Biarritz est choisie comme siège du festival. La municipalité a en effet promis le versement d’une subvention à l’organisation de la manifestation.
D’abord déçus, les partisans de Cannes décident de repartir rapidement en campagne. Autour de Georges Prade, conseiller municipal de Paris, les directeurs de palaces cannois comme Henri Gendre du Grand Hôtel et Jean Fillioux du Palm Beach prennent contact avec le comité et les ministères ; ceux-ci décident d’étudier de nouveau le dossier cannois. La ville de Cannes propose alors d’augmenter sa participation financière et met à la disposition du comité ses salles de réception et ses équipements touristiques. La municipalité de Biarritz a bien proposé une dernière offre mais sans succès car, faute de pouvoir débloquer le budget nécessaire, elle finit par retirer sa candidature.

L’État et la Ville de Cannes signent le contrat officiel pour l’attribution du festival cinématographique international le 31 mai 1939, seulement trois mois avant la date d’ouverture prévue de la compétition. La raison de ce choix a sans doute été liée aux avantages accordés par la ville mais également à la beauté du site qui « seul pouvait donner aux vedettes et producteurs une haute idée de la France », comme le déclare, à la radio, Albert Sarraut, ministre de l’Intérieur.
Et un véritable élan de solidarité s’organise autour de Cannes. Antibes et Juan-les-Pins apportent un précieux concours au festival, tout comme l’ensemble des palaces cannois et des environs. Seule absente, la ville de Nice, qui malgré son statut de capitale de la Côte d’Azur, ne se manifeste pas. Pourtant, quelques années plus tard, en 1946, Nice tentera d’obtenir l’organisation du Festival.
Les réactions à la nomination de Cannes comme ville du festival français sont nombreuses ; certains auraient préféré Paris ou un autre site moins touristique mais, Cannes, avec son statut de «  perle de la Côte d’Azur », donné par Stephen Liégeard, accueille de riches aristocrates, notamment anglais, des intellectuels, des artistes, toujours plus nombreux. Alors, la majorité des journaux, des revues mondaines, approuvent le choix des organisateurs.

1939, le Festival se prépare

Parallèlement au choix de la ville, le gouvernement prépare la manifestation. Il délègue son pouvoir au service considéré comme le plus compétent pour la réalisation d’une manifestation de cette ampleur. L’État fait donc appel à l’Association française d’action artistique (AFAA), transformée en comité spécial d’organisation, sous la direction du secrétariat d’État des Beaux-Arts et du Ministère des Affaires étrangères. Cela fait un an que Philippe Erlanger est le directeur général de cette association et tente, par tous les moyens, d’empêcher la progression de la propagande fasciste. Le projet de création d’un festival concurrent à la Mostra fait parti des moyens employés mais demande de lourds investissements et une organisation efficace.
Sous la présidence d’Albert Sarraut, également ministre de l’Intérieur, l’AFAA constitue un comité d’organisation où siègent des représentants des différents organismes d’État concernés par la manifestation. À la tête de ce comité est nommé le président du secrétariat d’État aux Beaux-Arts, Georges Huisman.

Le 3 août 1939, le Comité d’organisation du Festival se réunit pour la première fois à la direction des Beaux-Arts. Tous les détails de la future manifestation sont abordés. D’abord, la création d’une affiche et d’un dépliant publicitaire qui assurent la promotion du Festival en France et à l’étranger. Un photographe est également engagé pour toute la durée de l’événement. Ensuite, le comité envisage des projections quotidiennes de films d’actualité sur le déroulement du festival à la suite des séances de la sélection officielle.
La question du prix des places est abordée ; 25 francs (3,8 euros) pour les places des cinq premiers et cinq derniers rangs, et 30 francs (4,6 euros) pour toutes les autres. Les festivaliers peuvent également s’abonner à une formule permettant un euro de réduction pour l’achat d’une place. Les membres du comité ne parviennent pas à s’entendre sur la création de séances de projection en plein air et à prix réduit car la manifestation doit rester un gala exceptionnel et inédit. Mais les premières aides financières attribuées à la création du Festival deviennent rapidement insuffisantes ; le budget, dans un second temps estimé à 970 000 francs (147 000 euros), représente une somme colossale que l’organisation parviendra à réunir difficilement.
Le comité, encore apprenti en la matière, prend exemple sur l’organisation de la Biennale italienne qui, elle, bénéficie déjà de six années d’expérience. Le temps presse, il ne reste à la France que deux mois pour préparer sa manifestation. Alors l’État intervient pour accélérer la mise en place du Festival en faisant appel à ses ministères et à l’ensemble des entreprises publiques afin de réduire le coût de la manifestation.

 

Le budget de l’organisation est essentiellement constitué des fonds de la municipalité cannoise auxquels doivent s’ajouter 406 000 francs (61 500 euros) de subvention accordée par le Ministère des Finances. Celui-ci consent également à aider le comité cannois en l’exonérant de certaines charges, par exemple le droit de douane réservé aux films étrangers ou encore la taxe sur les spectacles payée pour toutes les projections. Grâce à ces quelques avantages, les investissements restent dans des proportions raisonnables par rapport au budget modeste du festival en préparation ; l’Exposition vénitienne dispose en effet de moyens bien plus importants pour son organisation.
En juillet, tous les efforts se concentrent pour annoncer l’ouverture imminente du Festival. Pour cela, l’État demande au service des Postes, Télégraphes et Téléphones (PTT) de participer à la publicité de la manifestation par une contribution gratuite pour des interviews, émissions publicitaires ou projet d’un timbre spécial. C’est l’ensemble du pays qui doit défendre les couleurs cannoises avec l’impression d’un cachet spécial, « Festival international du film, Cannes 1er-20 septembre 1939 », sur toutes les lettres et dans tous les bureaux de postes.
Il faut également régler le problème des transports car, à Venise, les frais de voyage des personnalités étrangères sont pris en charge par l’organisation. Toujours pour diminuer le coût de ces services, il est demandé à la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) et à Air France de créer des titres de transports gratuits pour les membres du jury et pour les vedettes qui participent au Festival. On ne pourra oublier, après la guerre, l’arrivée de Grace Kelly, Sophia Loren et bien d’autres stars descendant élégamment les marches du célèbre Train bleu dans la gare de Cannes.

En contrepartie, les deux compagnies de transport obtiennent du Festival une importante publicité qui doit être « publiée dans l’édition de luxe du programme de la manifestation ». Cet album souvenir devait être offert aux personnalités lors de la soirée de clôture.
Un large public international est attendu à Cannes pour le Festival. Alors pour annoncer ce nouveau rendez-vous cinématographique, il est prévu d’organiser un éblouissant Gala du film à Paris. Sous la présidence de Louis Lumière, ce gala permet aux vedettes internationales, aux ambassadeurs et aux représentants de la presse française et étrangère de se rencontrer. Le comité de Paris lance le Festival et celui de Cannes prend le relais, chargé de l’organisation locale. Dès le mois d’août, il convie de nombreuses personnalités sur la Côte d’Azur, invitées à de prestigieuses fêtes. Le contexte européen, de plus en plus troublé, incite les écrivains, artistes, hommes d’affaires et diplomates à rechercher ce cadre agréable, foyer d’une vie insouciante. Et c’est ainsi, que Cannes, à la fin d’août 1939, connaît une affluence touristique record.
Cette ambiance festive et élégante annonçant l’ouverture du festival est une volonté du maire de Cannes, Pierre Nouveau qui déclare que son équipe « a élaboré un programme de réceptions permettant de témoigner aux hôtes tout le prix que la ville attache à leur présence ». Cette réussite reste également le fait du comité d’organisation local, chargé de l’accueil et du protocole et présidé par le comte d’Herbemont, lequel a su s’entourer des noms les plus illustres des résidents français, anglais, américains de la Côte d’Azur.
Le comité cannois se charge de l’affiche proclamant l’ouverture de la manifestation. Et c’est Jean-Gabriel Domergue, célèbre peintre cannois, qui est chargé de cette création. Il réalise une affiche destinée à « faire le tour du monde et à promener une irrésistible « Invitation au voyage « », selon les mots de l’artiste. Les organisateurs font également éditer un dépliant de luxe, à 50 000 exemplaires, en langues française et anglaise, qui annonce les manifestations prévues à l’occasion du Festival.
Ces festivités commencent ; le 1er septembre, jour de l’ouverture du Festival de Cannes, approche. Mais, en quelques jours, les événements se bousculent, la guerre a franchi les portes de l’Europe. L’annonce est faite : le Festival est, dans un premier temps, reporté

En 1939, le festival se prépare… la guerre aussi

Et, pendant que les premiers festivaliers s’installent dans les palaces cannois en août 1939, les organisateurs commencent à entrevoir toutes les possibilités données par la réalisation de cet événement international. Concurrencer Venise n’est plus le seul but. Il s’agit maintenant d’imposer le savoir-faire français en matière de cinéma à travers le monde et, pourquoi pas, tenter d’égaler la toute puissante industrie américaine. Le rêve peut devenir réalité grâce au Festival de Cannes ; la ville et sa région convoitent désormais le titre de « Hollywood européen », espérant détrôner au passage les studios italiens de Cinecittà et ceux de Neubabelsberg à Berlin.

D’un village de pêcheurs à la capitale du cinéma international

La ville de Cannes, jusqu’en 1850, conserve les traits de son visage provençal et vit encore de ses activités traditionnelles en particulier la pêche. Avec l’arrivée du chemin de fer qui met la station azuréenne à 31 heures de Londres et l’aménagement du port, la ville s’agrandit et ses équipements se modernisent rapidement. En une décennie, le nombre d’habitants est multiplié par dix avec près de 5 000 âmes en 1939 et l’on compte, cette même année, 152 hôtels.
La vieille ville, appelée le Suquet, garde ses charmes d’antan, entourée désormais des riches demeures des touristes étrangers. Quant au bord de mer, il se transforme très vite en accueillant d’abord un cercle nautique, dirigé par Jouvenel et Léopold Buquet. Ensuite, en 1907, Henri Ruhl fait construire un casino sur l’ancien dépôt d’ordures de l’usine de savons (aujourd’hui, rue des Belges). Une vingtaine d’années plus tard, le célèbre salon de jeux, le Palm Beach, ouvre ses portes au bout de la promenade de la Croisette et vient compléter la liste des établissements de loisirs de Cannes et de ses environs comme l’hippodrome de La Bocca, le fameux Casino des Fleurs dans le quartier de Montfleury ainsi que les trente-cinq hectares du golf de la plaine de la Siagne.
Un autre aspect de Cannes se dessine avec les îles de Lérins, protégeant la baie de la ville ; elles sont quasiment inhabitées et abritent une végétation de pins et de fleurs. Ces mystérieuses îles, aux nombreux vestiges, sont entourées de vieilles légendes et suscitent la curiosité des visiteurs à la recherche d’inspiration ou de repos.
Le cadre paradisiaque de la ville est l’endroit parfait pour la manifestation internationale française ; par bien des aspects et surtout pour sa troublante ressemblance avec la côte californienne, il semble être le lieu idéal pour réaliser ce « Hollywood européen ».
En 1939, pour imprimer des images sur la pellicule, il faut de la lumière et pour avoir cette lumière, il faut du soleil. C’est pourquoi le sud de la France s’impose très vite pour le tournage des films et l’on assiste ainsi à l’installation de studios de cinéma sur la Côte d’Azur notamment ceux de la Victorine à Nice en 1919 ; au cours des décennies suivantes, de nombreux chefs-d’œuvre y seront tournés comme le Don Quichotte de Pabst,  Les Visiteurs du soir et Les Enfants du Paradis de Marcel Carné, Fanfan la tulipe de Christian-Jaque ou encore Lola Montès de Max Ophuls.
Alors, pour accéder au rêve américain, deux choix s’offrent aux organisateurs du Festival : aménager et agrandir les studios niçois ou construire une structure plus moderne près de Cannes ; cette dernière proposition fait l’unanimité puisque, bien avant 1939, l’idée a déjà fait du chemin. Ce projet est né six ans auparavant grâce à une maison de production qui a acheté des terrains à la municipalité. La concurrence avec les studios niçois, avec ceux de Marcel Pagnol à Marseille et bientôt l’ouverture de Cinecittà en 1937 à Rome a empêché le projet cannois de se réaliser à ce moment-là.
Pourtant, grâce à la création du Festival de Cannes, l’idée réapparaît, soutenue cette fois par de grandes maisons de production comme Pathé, Gaumont ou Eclipse, par le gouvernement français et la municipalité cannoise. Mais la déclaration de guerre porte un coup fatal à la réalisation du Festival tout comme à la construction de studios. Pourtant, malgré le conflit, les projets restent d’actualité, encouragés désormais par de grands noms du cinéma français tels Jean et Claude Renoir ou Marc Allégret qui désiraient créer à Cannes des structures perfectionnées et de qualité avec une école d’acteurs, de techniciens et un bureau de recherches cinématographiques.
En 1946, avec l’ouverture du premier Festival de Cannes, la création de studios devient de nouveau indispensable et, cette fois, c’est l’écrivain-cinéaste Jean Cocteau qui s’associe à l’entreprise, soucieux de donner aux futures infrastructures « une atmosphère méditerranéenne », confie-t-il. Pour réaliser cette Cité du cinéma de Mougins, Jean Cocteau fait appel à l’architecte Gridaine. A peine à cinq kilomètres de Cannes, les studios devaient être bâtis dans les quartiers de l’Étang et de Notre-Dame de Vie ; ils devaient couvrir une superficie de 310 hectares et trois ans de travaux, exécutés par 2 500 ouvriers, auraient été nécessaires à leur construction.
« Mougins, futur Hollywood français », annoncent les journaux. Ce village au charme provençal voit alors arriver de nombreux touristes et s’installer de nouveaux commerçants ; même le tailleur se met au goût du jour en rebaptisant sa boutique « Hollywood tailleur ». On commence à croire à la réalisation du projet, d’autant plus que la situation des studios niçois ne s’améliore pas, marquée par crises les financières. Pourtant, faute de crédits, la construction de studios cannois n’aboutit pas et finit pas tomber dans l’oubli.
Cannes ne s’impose donc pas à la manière d’Hollywood pourtant, la ville s’apprête, en 1939, à devenir la scène mythique du cinéma mondial. Cette année-là marque les débuts difficiles d’une manifestation programmée dans un contexte de crises et de tensions.

Le Festival dans la tourmente

Le premier Festival international du film de Cannes doit se dérouler du 1er au 20 septembre dans la salle du Casino municipal. Tout est prêt pour l’ouverture de la manifestation, deux mille invitations ont été envoyées. L’été est radieux et l’on se presse à Cannes pour s’enivrer de soleil et de divertissements légers. Les fêtes animent les palaces dès la mi-août, les réceptions illuminent les villas des riches Américains et Anglais. Les festivaliers dansent toutes les nuits sur les musiques de Ray Ventura qui se produit au Paradise, le night-club du Casino d’été. La journée, l’ambiance est aussi festive ; les invités apprécient les charmes et les loisirs qu’offrent la ville, se donnent rendez-vous sur la Croisette, visitent les îles et les environs. Pour eux, « cette joie de vivre est le climat même du cinéma », peut-on lire dans les journaux.
Le programme des festivités est bien rempli : le 21 août, le comte et la comtesse d’Herbemont donnent une somptueuse fête à l’Hôtel Eden Roc. Le public a alors l’occasion de découvrir la broche et le porte-cigarettes en or massif destinés à récompenser les vedettes féminine et masculine du meilleur film du Festival. Un transatlantique loué par la Metro Goldwyn Mayer (MGM) jette l’ancre dans la baie de Cannes avec à son bord les vedettes américaines Tyrone Power, Gary Cooper, Douglas Fairbanks, George Raft, Paul Muni, Norma Shearer ou encore Mae West. Le service des compagnies aériennes et ferroviaires s’intensifie entre New York, Londres, Paris, Nice et Cannes. Les stars, princes et princesses de toute l’Europe se pressent à Cannes pour la soirée-événement du Festival : le Bal des Petits lits blancs, annoncé comme le gala le plus riche du monde avec 1 000 couverts à 150 euros, reversés à une œuvre de charité. Les terrasses du Palm Beach accueillent ce soir-là de prestigieux invités comme les grands couturiers Lanvin et Schiapparelli, les joailliers Van Cleef et Arpels, la duchesse de Windsor, le prince Poniatowski, Marcel Achard, Charles Boyer… L’hôtel, situé en bord de mer, éclaircit la baie de Cannes et l’on peut entendre les cinq orchestres qui jouent sur le plateau. En coulisse, le comédien Fernandel se prépare à un tour de chant tandis que les techniciens se mettent en place pour le feu d’artifice final. Mais, à ce moment-même un orage éclate et les invités doivent se mettre à l’abri en toute hâte. Philippe Erlanger, fondateur du Festival, commente cet épisode quelques années plus tard : « Le ciel qui était d’une beauté parfaite se chargea en un moment d’énormes nuages et un orage ou plutôt un ouragan s’abattit sur les dîneurs. Le bruit de tonnerre semblait celui d’une formidable artillerie. Les moins superstitieux y virent un présage. Le lendemain éclatait la nouvelle du pacte germano-soviétique et chacun reprit dans l’affolement le chemin de sa ville respective ». Dès lors, les événements se bousculent, la menace d’un conflit se retrouve au cœur de l’Europe. Le 22 août, des dispositifs militaires sont mis en place par le département ; le jour suivant, sur les murs de la ville, entre les affiches du Festival, se glissent les appels des premiers contingents de réservistes. Les touristes séjournant à Cannes décident de partir ; la gare de Nice multiplie les départs des trains tandis que les palaces azuréens se vident. Malgré la gravité de la situation, les organisateurs cannois décident d’organiser, à titre privé, la seule projection de film que connaît cette édition, celle du premier film américain en compétition, Quasimodo (The Hunchback of Notre-Dame) de William Dieterle. D’ailleurs, pour sa promotion, une reconstitution (maquette en carton-pâte) de la cathédrale de Notre-Dame de Paris a été édifiée sur la plage. Mais les nombreuses cérémonies officielles prévues pour l’ouverture sont reportées tout comme la soirée de clôture où doivent être remises les récompenses.

Un palmarès inconnu

Le modèle d’attribution des récompenses a été établi quelques mois auparavant, régi par un principe « d’objectivité artistique et d’impartialité absolue », est-il écrit dans le règlement de la manifestation. Le Festival de Cannes de 1939 reste, dans ce domaine, une année particulière puisque jusqu’à aujourd’hui, il aurait dû distribuer un nombre record de prix. On prévoit un double concours, national et international, et différentes catégories de films (fictions, documentaires et dessins animés) pour lesquelles des attributions spéciales sont envisagées. Des médailles d’honneur doivent également récompenser l’ensemble des films de la compétition. Pour la compétition internationale, les films se disputent le Grand Prix Louis Lumière (meilleur metteur en scène), le Grand Prix international des meilleurs interprètes, deux Prix du Jury international, celui du meilleur scénario, de la meilleure partition musicale ainsi que du meilleur opérateur. Toutes ces récompenses, sous forme de coupes, sont des œuvres d’art de la manufacture de Sèvres auxquelles s’ajoutent des objets de valeur offerts par des personnalités.
Il revient au jury de voter, à bulletin secret, pour attribuer les prix. Les membres de ce jury, délégués des ministères,  représentent l’ensemble des pays participants ; aucun concurrent ne se trouve ainsi avantagé. Néanmoins, ce jury, dispose d’un droit de censure, en utilisant l’article 7, « s’il juge des films de la compétition de nature à blesser le sentiment national d’un pays », mentionne le règlement.
La sélection officielle a déjà été établie, composée de films contemporains non encore exploités qui auraient dus être distribués l’hiver suivant. Les festivaliers, à la recherche de spectacles inédits, auraient pu profiter de quatre projections quotidiennes en avant-première mondiale. Si le Festival avait eu lieu, ils auraient pu découvrir vingt-six films de huit nationalités différentes, produits dans l’année et révélateurs des tendances contemporaines des cinémas nationaux.

D’abord la sélection américaine, riche de dix films, qui illustre bien le savoir-faire de l’industrie de la première puissance mondiale. Comédies musicales ou sentimentales, films fantastiques ou noirs, westerns… ce cinéma a multiplié les genres à fois révélateurs du malaise social du pays et incarnations du rêve américain. La sélection du Festival, à ce titre, représente assez bien la diversité de ce cinéma avec le célèbre conte fantastique de Victor Fleming, Le Magicien d’Oz (The Wizard of Oz), l’histoire romantique de Cary Grant et Rita Hayworth dans Seuls les anges ont des ailes (Only angels are wings) de Howard Hawks, l’aventure de Cecil B. DeMille, Pacific Express(Union Pacific) ou encore l’adaptation du roman de Victor Hugo, Notre-Dame de Paris par William Dieterle sous le titre de Quasimodo (The Hunchbacks of Notre-Dame).

En compétition également, la sélection soviétique composée de huit films aux thèmes bien définis : luttes héroïques, importance du travail et de la terre, édification du socialisme… Le pouvoir soviétique est aussi préoccupé par l’éducation du jeune public ce qui l’amène à présenter à Cannes des dessins animés et des histoires inspirées du folklore russe. Les Soviétiques prouvent également leur maîtrise technique en matière de cinéma en présentant au Festival le seul film en couleurs de la compétition. Quant aux réalisateurs choisis, ils incarnent la relève des maîtres du muet comme Sergueï Eisenstein ou Vsevolod Poudovkine ; on retrouve donc Mikhaïl Romm avec Lénine en 1918(Lenin v 1918 godu), Ivan Pyriev présentant Conducteurs de tracteurs (Traktoristy) et Efim Dzigan avec son court métrage au titre prémonitoire, Si demain c’était la guerre (Esli zavtra voina). La Grande-Bretagne est également représentée dans les sélections cannoises par Zoltan Korda, célèbre cinéaste d’origine hongroise, dont les films ont obtenu un grand succès dans les salles d’Outre-Manche. Réalisateur des Quatre plumes blanches (The Four feathers), il représente son pays dans la compétition cannoise avec une œuvre exaltant la puissance de l’Empire saxon. Les organisateurs cannois apportent un soin particulier à la sélection des films français destinés à défendre le pays sur son propre sol. Depuis quelques années, ce cinéma a su imposer son style, appelé réalisme poétique, qui souligne les thèmes d’inspiration populaire chers à certains cinéastes d’alors. Cette production nationale commence même à gagner des marchés européens et même extra-européens.
Mais en 1938-39, la situation politique et économique de la France se dégrade, ainsi, les œuvres réalisées à ce moment-là sont imprégnées de ce contexte de crise. Les membres du comité doivent choisir parmi ces films ceux à envoyer au Festival de Cannes. Alors, au sein des sélections, courts et longs métrages montrent toute la richesse artistique du cinéma de l’époque ; ils sont d’abord représentatifs de l’École française du cinéma.

Trois longs métrages s’inscrivent directement dans la lignée des grands films classiques de l’époque, s’apparentant encore au réalisme poétique par l’usage d’éclairages en clair-obscur, par la simplicité des musiques et l’emploi de dialogues désenchantés. La Loi du Nord de Jacques Feyder est un drame sentimental sur fond d’intrigue policière, avec pour héroïne principale, la sublime Michèle Morgan. Ensuite, L’Enfer des anges, drame réalisé par Christian-Jaque qui nous conte l’histoire bouleversante de deux enfants rejetés par leurs camarades. Et, enfin, le film fantastique de Julien Duvivier La Charrette fantôme, dans lequel on découvre un ancien ouvrier, chômeur et alcoolique, qui voit le fantôme de son meilleur ami conduire la charrette emmenant les âmes vers l’Au-delà. Ce film aux nombreux effets spéciaux reste un grand exercice de style.
Dans la sélection française du Festival, il y a également quelques références à l’atmosphère euphorique des années précédentes illustrée par des courts métrages documentaires, par exemple, le montage sur la revue du 14 juillet 1939, réalisé par la Chambre syndicale de la Presse filmée ou celui de Louis Cluny sur la ville de Rouen. À noter la présence d’une œuvre particulière, Observations cinématographiques sur le soleil de Bernard Lyot. Ce film, sur les techniques du cinéma, est sélectionné pour rendre hommage à la France, pays où le cinéma a vu le jour et qui montre sa connaissance technique en la matière.

Les derniers longs métrages de la sélection française abordent des sujets relatifs aux affaires politiques du pays puisque ces films font allusion par leur titre et leurs thèmes à certains territoires sous domination française. L’Homme du Niger de Jacques de Baroncelli retrace les exploits d’un officier français décidant de construire un barrage au Niger, colonie française. Le documentaire d’Henri Caurier, L’Ame de la Corse, confirme quant à lui l’appartenance de l’île à la France, au moment où l’Italie revendique ses droits sur le territoire. Deux autres sélections, le dessin animé Deux empires, une force d’Atlantic Film et le documentaire La France est un empire de Jean d’Agraives et Emmanuel Bourcier montrent à quel point le pays est soucieux de mettre en valeur son entreprise coloniale.
Le comité cannois choisit onze films pour représenter la France au Festival, choix dont le but est à la fois d’exposer le talent du cinéma français contemporain, son évolution technique et artistique et, en même temps, d’exprimer, la puissance politique et économique du pays devant les invités étrangers.

Le Festival de 1939 n’est pas un simple concours cinématographique, il se présente surtout comme un lieu d’échanges et de rencontres entre divers pays, divers intérêts, conditionnés cette année-là par le climat particulier de ces derniers instants de paix. Mais, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, les négociations deviennent de plus en plus difficiles. L’Allemagne, l’Italie et leurs alliés s’opposent à la manifestation française ; la Pologne et la Tchécoslovaquie se retirent du concours ; et, finalement, la déclaration de guerre met un terme à la compétition cinématographique.
Le 1er septembre aurait dû être le jour de l’ouverture du premier Festival de Cannes ; il est celui où Hitler envoie ses troupes en Pologne. C’est alors que le gouvernement français déclare la mobilisation générale et vote des crédits de guerre. Quelques jours auparavant, en raison des événements, Georges Huisman, président du Comité du Festival, a reçu l’ordre de reporter l’ouverture de la manifestation de dix jours. Mesure malheureusement vaine car le 3 septembre, l’Allemagne n’a toujours pas répondu à l’ultimatum ; la France et la Grande-Bretagne lui déclarent la guerre.
Après la défaite de la Pologne, les opérations militaires du front occidental se figent. La fin de l’année 1939 est marquée par des tentatives de paix. Cette situation, pour le moment apaisée, fait renaître l’espoir. Alors, le gouvernement français, à la demande des responsables du Festival cannois, accepte de donner une deuxième chance à la réalisation de la manifestation, seulement « si la situation ne s’aggrave pas », déclarent les autorités. Rien ne s’arrange, pourtant, le projet du Festival de Cannes réapparaît quelques mois plus tard dans une Europe désormais en guerre.

Le Festival de Cannes qui aurait dû débuter le 1er septembre 1939 est dans un premier temps reporté de dix jours en raison des circonstances. Les organisateurs pensent, une nouvelle fois, qu’il s’agit d’une crise de courte durée. Car, le 8 septembre, s’ouvre la Biennale de Venise. Le Festival est donc reprogrammé à plusieurs reprises ; l’arrivée des troupes allemandes sur le sol français entame les trois ans de silence faits autour de cette affaire. Il faut attendre la fin du conflit pour voir réapparaître l’idée du festival français. Cette période de l’après-guerre, qui voit la réalisation du Festival de Cannes, annonce en même temps une nouvelle ère pour le cinéma mondial.

 

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le Festival de Cannes au fil du Blog

Posté : 17 janvier, 2016 @ 4:35 dans Cinéma | Editer| Pas de commentaires »

 

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Murs – Entretien avec Jacques Vazeille

Posté par ENO filles le 25 février 2016

 

Murs par Jacques Vazeille

Couverture du livre Murs

« C’est l’histoire d’une rencontre improbable entre Samson, un jeune homme autiste Asperger de 25 ans et Mine, une ado de 12 ans, une gamine pas autiste du tout. Ils se regardent, se parlent. Que voient-ils, que comprennent-ils ?… Entre eux va se tisser une relation incroyable et exclusive, somme toute assez rare. »

Prochainement une rencontre aura lieu avec son auteur dans le cadre du cercle de lecture que nous avons mis en place dans la résidence où je demeure. Il s’agit de l’écrivain-pédopsychiatre Jacques Vazeille.

Pourquoi ce choix ? Ce livre traite un sujet grave et qui nous touche de très près, l’autisme, sans que parfois nous en ayons conscience.

La plupart des psychiatres traitent les  « troubles du comportement ».  A noter que Jacques Vazeille préfère aborder le problème  des « comportements qui troublent ». « Le patient vit dans un entourage qui est affecté et subit douloureusement ».

Ici l’auteur en parle avec humour et émotion et nous pouvons réfléchir à certaines de nos expériences et nous poser toutes les questions sur ce sujet qui nous intrigue et nous interpelle.

Ce livre est une manière agréable et presque légère d’aborder ce sujet un peu troublant.

Il est plaisant et facile à lire.

Mais L’autisme, c’est quoi ?

Je laisse le Docteur Vazeille vous en parler.

ENTRETIEN AVEC JACQUES VAZEILLE

Depuis les années 50, sous l’impulsion des psychiatres américains, une nomenclature des troubles mentaux a été mise en place, en usage dans le monde entier.

C’est le DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) sans cesse remanié. Nous en sommes aujourd’hui à la cinquième version, le DSM 5.

L’autisme faisait partie des Troubles Envahissants du Développement (TED).

Aujourd’hui il entre dans la catégorie des Troubles du Spectre Autistique (TSA).

Il est caractérisé par l’association de « Troubles de la communication sociale » et de « comportements restreints et répétitifs ».

Les troubles du langage et de la communication qui constituaient un chapitre spécifique sont désormais noyés dans la communication sociale.

Jadis, ces troubles devaient apparaître avant 36 mois.

Aujourd’hui, cette échéance n’est plus nécessaire.

En 1943, aux Etats-Unis, Léo KANNER, pédopsychiatre d’origine autrichienne, a publié un article décrivant ce qu’il a appelé « l’autisme infantile précoce ».

L’année suivante à Vienne, Hans Asperger a publié « Les psychopathies autistiques dans l’enfance ».

Il s’intéressait à des enfants dotés de compétences intellectuelles exceptionnelles, connaissant en même temps les plus grandes difficultés dans leurs relations sociales. L’autisme et le syndrome d’Asperger étaient nés.

Depuis, les choses se sont incroyablement complexifiées, et chaque année, l’écheveau de l’autisme s’embrouille un peu plus.

D’une intelligence supérieure ou gravement déficitaire, une personne autiste, on dit aujourd’hui une personne avec autisme, établit avec le monde et ses habitants comme avec elle-même des rapports très particuliers. Sur le plan relationnel par exemple, il ne lui est pas possible de se représenter la pensée de l’autre. C’est donc sa pensée qui gouverne le monde.

Autisme. Un état ou une maladie ?

Il y a eu beaucoup de bagarres à ce sujet. Aujourd’hui il est admis que, si l’on est autiste, on le reste. Cela ne veut pas dire qu’il est impossible de s’en accommoder. Les progrès ont été considérables dans les aides, les accompagnements et les actions thérapeutiques qui peuvent être engagées.

Naît-on ou devient-on autiste ?

Les deux mon capitaine.

A sa naissance, le petit d’homme est loin d’être fini. Il n’est pas capable de grand-chose et il lui faut construire sa personne, son être psychique notamment.

A terme il accèdera à l’une des organisations de personnalité qui ont été décrites par la psychanalyse : Il sera névrotique, psychotique, pervers ou… autiste. Il n’y a pas d’autre choix. Et il faut bien être quelque chose. Et une fois qu’on y est, on y reste.

Je vais vous donner mon point de vue personnel. Certains le partagent. D’autres, et ils sont nombreux le discutent ou le combattent.

Les phénomènes qui déterminent la construction d’un être humain sont multiples : les gênes, la gestation, la naissance, les compétences sensorielles, le capital intellectuel, les évènements de la toute petite enfance, l’environnement… Tout cela entre en jeu dès la conception. Bien heureusement, presque toujours, tout se déroule pour le mieux. Mais pas toujours.

Parfois quelque chose intervient qui bloque le processus et le petit enfant reste enfermé en deçà du champ du langage. Je ne veux pas dire qu’il ne parlera pas, encore que ce soit souvent le cas, mais qu’il ne parviendra pas à partager une perception et une compréhension spontanées du monde, de ce qui lui arrive et de ceux qui l’entourent.

C’est l’autisme. On peut supposer, au regard de la clinique, que la plus ou moins grande précocité des phénomènes de blocage dans ce processus d’organisation du psychisme détermine les aspects plus ou moins déficitaires du tableau autistique.

La mère ?

Nous touchons là le point central des questions autour de l’autisme.

Les polémiques les plus sauvages, les anathèmes, les procès en sorcellerie, souvent avec une évidente mauvaise foi, trouvent leur origine dans le rôle de la mère. Pauvre mère !

Ce sont les psychanalystes qui ont commencé. Dès que l’on s’est penché sur la clinique des enfants autistes, il est apparu que les processus en jeu se déroulaient dans les premiers mois de la vie, le moment où la présence et le rôle de la mère sont primordiaux.

De là à conclure que si cela se passe mal, elle y est pour quelque chose, il n’y a qu’un pas que n’ont pas hésité à franchir beaucoup de psychiatres irréfléchis se réclamant d’une psychanalyse à laquelle ils ne comprenaient pas grand-chose.

Et, pendant des années, tous les jours, ça a été la fête des mères.

Evidemment, en miroir, une défense s’est organisée, qui a vite pris la forme d’une attaque en règle de la psychanalyse. Nombreux aujourd’hui sont ceux qui, s’appuyant sur ce procès aux mères, cherchent à évincer toute référence psychanalytique de la recherche et de la réflexion sur l’autisme. Peut-être ne sais-je pas lire. Je connais un peu la littérature sur la question. Je n’ai trouvé nulle part un texte imputant l’autisme d’un enfant à sa mère défaillante. Au contraire, lorsque ce rendez-vous primordial entre un nouveau-né et sa mère n’a pas lieu, la première à être dévastée, ravagée de souffrance, c’est bien elle. Et si quelqu’un a besoin d’aide à ce moment…

Bruno BETTELHEIM, pour certains le diable en personne, parce qu’il proposait dans sa clinique une séparation radicale entre l’enfant et ses parents, n’a nulle part formulé qu’un enfant devenait autiste en raison de sa mère inadéquate.

En tout cas, le mal est fait. Et nous croulons aujourd’hui sous les propos imbéciles et outranciers de l’accusation autant que de la réhabilitation de la cause des mères qui continuent de souffrir et méritent autre chose. Par exemple une écoute.

Donald WINNICOTT, un pédiatre et psychanalyste anglais disait qu’une mère doit être suffisamment bonne. Suffisamment bonne, c’est aussi suffisamment mauvaise. En effet une mère universellement parfaite, serait la pire éventualité pour un nourrisson qui, ainsi, ne manquerait jamais de rien et qui resterait continuellement dans un état de satisfaction absolue, sans avoir besoin de devenir grand et autonome.

Les mères des enfants autistes ont été injustement culpabilisées. Et elles n’en avaient nul besoin. Lorsqu’un petit enfant ne répond pas à l’attente de ses parents, la question surgit immédiatement : « Qu’ai-je fait qu’il ne fallait pas faire ? », ou « que n’ai-je pas fait que j’aurais dû faire ? ». Il faut croire que beaucoup de psychiatres et de psychanalystes n’avaient pas réglé leurs comptes avec leur propre mère pour que ce sujet prenne une telle ampleur, conforté par la culpabilité spontanée et naturelle qu’il s’agit d’évacuer plutôt que de la consacrer.

Juste à ce propos un petit mot sur les pères. Globalement je les trouve un peu « confortables », s’accommodant bien facilement de la situation. Cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas eux aussi ravagés par ce qui arrive à leur enfant, à leur famille. Il est vrai que, être père, ce n’est pas donné. C’est l’aboutissement d’une maturation parfois un peu longue. Et si l’enfant donne les signes d’une différence, tout peut se compliquer.

La cause de l’autisme

Elles sont multiples et nous n’en avons certainement pas fait le tour. Sans doute aussi que certains « terrains » prédisposent à la survenue de troubles autistiques.

Certaines maladies se manifestent transitoirement par des troubles d’allure autistique qui s’effacent au cours de l’évolution. Pour faire court, nous connaissons de plus en plus de choses dans ce domaine, mais notre ignorance reste immense. Cela n’empêche pas certains d’affirmer un minuscule savoir.

Il existe un syndrome assez répandu, notamment dans le monde des soignants. Il n’est pourtant jamais décrit. Les plus belles descriptions se rencontrent dans la littérature. Personne n’a songé à lui donner un nom. Je me risque à l’appeler le « diafoirisme » en référence au personnage de Molière.

Cela commence à se savoir dans mon entourage que je m’occupe un peu d’autisme. Souvent, par curiosité ou pour m’être agréable, on m’entreprend sur la question. J’essaie d’expliquer ce monde complexe. Presque chaque fois, quelqu’un intervient, péremptoire : « Maintenant on sait que c’est génétique ! ». Le diafoirisme a frappé. Je préfère alors parler d’autre chose.

Et pourtant les gènes ont manifestement une place parmi les causes de l’autisme. Mais pas toute la place.

En référence à son vécu dans les camps de concentration, B. BETTELHEIM a avancé que l’autisme était une réponse de l’individu à une menace imparable et absolue d’anéantissement à laquelle il ne pouvait se soustraire. Cette hypothèse a depuis été abandonnée. Et pourtant, il n’y a pas si longtemps, nous avons été confrontés à une véritable épidémie de troubles autistiques chez les petits enfants adoptés issus des orphelinats épouvantables de CEAUCESCU en Roumanie. BETTELHEIM n’avait peut-être pas complètement tort.

Continuons donc de chercher les causes. Nous en avons trouvé. Nous en trouverons d’autres. Et peut-être un jour une issue thérapeutique émergera pour certains. Méfions-nous cependant des « découvertes » qui révolutionnent la clinique de l’autisme et laissent espérer des avancées radicales. Il y en a plusieurs par an dans le monde, souvent farfelues. Jusqu’à présent sans lendemain.

Comment se comporter avec une personne autiste ?

La première chose consiste à se demander ce que l’on veut faire avec cette personne.

Si vous voulez l’amener à se conformer à nos façons d’être en société, lui inculquer les comportements adéquats, etc., le mieux est peut-être de vous occuper d’autre chose.

Si vous voulez comprendre sa lecture du monde, lui rendre notre société lisible et faire en sorte qu’il s’y sente à l’aise, vous allez devoir aller à sa rencontre  Pas trop vite, pas trop près.

Si vous faites attention à ses signaux, la personne autiste vous manifestera clairement comment vous devez vous tenir. Il faut savoir que, presque toujours, le langage parlé est compliqué pour un autiste. Parfois les paroles, même les plus bienveillantes sont des menaces pour lui. Très vite il ne comprend plus rien et se panique. Il convient d’être économe en paroles, de ne délivrer qu’une information à la fois et d’avoir une gestuelle et des mimiques conformes à notre propos. Très vite, l’aventure de la rencontre commence. Et… vous verrez bien.

Théo PEETERS, un grand connaisseur de l’autisme et un grand pédagogue dont les références théoriques reposent sur l’approche TEACCH , a un jour décliné les qualités nécessaires à toute personne prétendant s’occuper d’autisme. Beaucoup ne sont pas exclusives. Je vous les livre tout de même :

 « Etre professionnel auprès d’enfants autistes, c’est :

- être attiré par la différence

- avoir une imagination exceptionnelle

- avoir le courage de perdre son style

- avoir un grand sens de la responsabilité

- être humble

- avoir des dons didactiques exceptionnels

- pouvoir travailler en équipe

- pouvoir travailler avec des problèmes qui ne seront jamais résolus. » 

Lorsqu’on s’occupe d’autistes, on est très vite confronté aux « troubles du comportement ». Pour ma part je préfèrerais parler de « comportements qui troublent ». Ils sont de tous ordres et ont pour effet de perturber gravement la vie de la personne autiste et de son entourage : hétéro ou auto agressivité, automutilations, violences diverses, troubles des conduites sociales, alimentaires, que sais-je encore… Globalement, ces troubles sont la manifestation d’un état d’angoisse massive que le sujet ne sait comment métaboliser ni exprimer d’une autre façon.

C’est à nous de décrypter, de comprendre ce qui lui arrive.

Le risque est alors pour nous de projeter des modes de fonctionnement psychique qui nous sont propres mais qui n’ont pas forcément cours chez une personne autiste. Schématiquement, il s’agit pour la personne autiste de ne rien ressentir.

Une douleur, un inconfort, une jouissance, un imprévu sont autant d’évènements perturbateurs et menaçants à l’origine des « troubles du comportement ».

Encore une chose.

S’occuper de personnes autistes suppose de disposer au préalable d’un support théorique, d’un outil conceptuel sur lequel appuyer une pensée et une action.

Si on peut se référer à plusieurs théories, ce n’est pas plus mal.

C’est comme avoir plusieurs fers au feu. Contrairement à ce que beaucoup veulent nous faire croire, les différentes approches de l’autisme ne s’opposent pas et peuvent tout à fait cohabiter et même s’éclairer l’une l’autre.

Cognitivistes, et psychanalystes peuvent se parler et progresser ensemble.

Il y a trop eu, et encore aujourd’hui, de positions dogmatiques, d’anathèmes, de fatwas dont les autistes et leurs familles n’ont que faire et qui n’ont d’autre effet que d’obscurcir les connaissances. Je suis plus réticent à l’égard des pratiques comportementalistes. Ceci est lié à ma formation. Lorsque j’étais étudiant, dans les années 60, certains établissements éducatifs pratiquaient le « conditionnement opérant », une méthode éducative directement issue des théories comportementalistes. J’ai découvert par la suite que cette pratique servait de base aux méthodes enseignées dans les écoles vétérinaires pour aider les maîtres d’animaux de compagnie indociles. Ceci dit, pratiquées avec lucidité les méthodes comportementalistes ont fait la preuve de leur utilité. Le principal risque est que, préoccupé avant tout par l’assimilation de comportements adaptés, on peut faire l’impasse sur l’angoisse et la souffrance de la personne autiste.  

En quoi consiste votre travail ?

Je ne suis pas un savant, un théoricien de l’autisme. Il me suffit d’être un praticien, un fantassin. Je suis même un fantassin à la retraite. J’essaie néanmoins de rendre encore quelques services. Actuellement en France le problème crucial est le manque de places dans les établissements spécialisés. Les instances administratives nous adressent en priorité les sujets les plus problématiques, souvent très violents et destructeurs, espérant qu’une solution apaisante se fera jour pour eux. C’est devenu l’essentiel de mon travail.

Il s’agit pour nous de comprendre ce qui se passe pour ce sujet dévastateur et dévasté, de quelle menace il se protège.

Nous savons que pour la personne autiste, les paroles sont comme des coups qu’on lui porte. Très vite nous apprenons à utiliser le moins possible le langage verbal, et toujours les mêmes mots. Notre langage est corporel. Nous utilisons aussi le plus possible les supports visuels. En effet la personne autiste comprend beaucoup mieux ce qu’elle voit que ce qu’on lui dit.

La relation au temps

Pour la personne autiste, chaque instant est l’éternité. Il ne découle pas naturellement de l’instant précédent et il n’annonce pas l’instant suivant. Pour un autiste, le temps ne passe pas. Il reste. Il nous faut être attentifs à ce phénomène et en prendre la mesure. Les professionnels disposent de « timers », sorte de pendules qui indiquent visuellement l’écoulement du temps ainsi que le temps qui reste. On indique systématiquement ce qui se passera après le moment que l’on passe ensemble et ce que l’on fera ensuite.

Ainsi, peu à peu, nous parvenons à donner un sens aux actions que nous entreprenons. C’est la structuration du temps. Elle va de pair avec la structuration de l’espace. Chaque lieu est dédié à une activité et à une seule. Il en va ainsi pour tous les actes de la vie. Les techniques éducatives de cette structuration ont été largement mises au point dans l’approche TEACCH (Traitement and Education of Autistic and related Communication handicaped Children) qui est d’un grand secours dans notre travail d’accompagnement des autistes. Si je parle de TEACCH, je dois aussi parler d’ABA. Cette approche est issue des théories comportementalistes. Sans oublier mes réserves « philosophiques », je constate, qu’utilisée avec bon sens, cette méthode éducative est un outil précieux pour nombre de professionnels souvent désemparés en face de ces sujets étranges. Au fond toutes les références théoriques sont légitimes dans la mesure où on a l’intelligence d’en reconnaitre les limites.

Tout ce travail de structuration suppose un minimum d’organisation corporelle, ce qui est rarement le cas.

Le corps de l’autiste ne tient pas ensemble et la main de son interlocuteur est aussi sa main.

Ce qui rentre et ce qui sort, les aliments et les excréments, se tient dans une zone indéfinie, pas toujours dehors, pas forcément dedans.

C’est auprès du corps de la personne autiste que le premier travail est à faire.

C’est évident pour les sujets les plus désorganisés, mais on s’aperçoit vite que le chantier est immense dans ce domaine pour tous les autistes, même de haut niveau, comme on dit.

J’en viens au cœur de notre métier : la communication et les interactions sociales.

Il n’y a pas d’autisme sans trouble de la communication et des interactions sociales.

Il ne s’agit pas d’un trouble quantitatif, mais d’un trouble qualitatif. Les modalités d’échanges des personnes autistes nous sont étrangères… et réciproquement. Cela ne signifie pas que ces personnes autistes refusent le contact et les échanges. Elles s’y prennent toutefois d’une façon qui nous intrigue, nous inquiète ou nous rebute. Là encore, la réciproque est vraie. Ce trouble relationnel se manifeste différemment selon les compétences du sujet.

Joseph SCHOVANEC parcourt le monde. Il fait des conférences dans diverses langues, racontant son expérience d’autiste. Installé dans son personnage de conférencier sur son estrade, avec le micro la carafe et le verre, il est brillant et captive avec humour son auditoire. A la pause, le même connait les plus grandes difficultés pour demander un café au bar.

 Les sujets dont j’ai eu à m’occuper sont plus déficitaires et représentent l’immense majorité. Nous disposons d’outils spécifiques incluant des supports visuels (pictogrammes, PECS…) mis en œuvre le plus souvent par des orthophonistes spécialisées. Ces outils apportent une aide précieuse à la socialisation des jeunes autistes.

L’autiste et les autres ?

Les autres, c’est nous, les neurotypiques comme disent les autistes entre eux.

Je vis dans un petit village. J’ai l’habitude d’aller acheter mon pain à pied ou en vélo. Un autiste à ma place irait chercher son pain avec un semi-remorque de 35 tonnes. Ce n’est pas impossible, mais c’est compliqué. Imaginez que je vive dans un village conçu pour la circulation des 35 tonnes. J’aurai alors les pires difficultés pour aller à la boulangerie en vélo. Le moins que l’on puisse dire est que nos conceptions du monde ne s’accordent pas.

La personne autiste est toute entière dans l’instant vécu, dans son action, dans son propos. L’autiste ne connaît pas le doute, l’ambivalence, le faux fuyant, le mensonge. Impossible pour lui de se représenter ce qui se passe dans la tête de l’autre (la théorie de l’esprit). De la même façon il ne sait rien de l’empathie.

Son discours est plat, strictement digital et informatif, sans aucun sous-entendu.

Il ne parle jamais « pour ne rien dire ». Il n’évoque pas, n’imagine pas. Il dit ce qui est. Un point, c’est tout.

En somme, il n’a strictement rien à faire sur le divan du psychanalyste.

En revanche il s’accorde facilement avec les approches comportementalistes. C’est une raison majeure de ne pas les ignorer. Pour faire simple au risque de la caricature, la psychanalyse doit beaucoup aux autistes qui ont permis à nos plus grands penseurs d’élaborer un modèle de la construction du psychisme humain. Les autistes doivent aux comportementalistes d’avoir mis au point des stratégies d’échange et de rencontre utiles à leur insertion dans notre monde.

L’autiste et sa famille

L’arrivée d’un enfant dans la famille commence de façon paradisiaque en règle générale. C’est aussi le cas pour un enfant autiste. C’est un bébé parfait. On ne l’entend jamais pleurer. Il est même trop sage. Et puis le petit ange se charge vite d’ouvrir les portes de l’enfer. L’inquiétude se fait jour chez les parents incrédules. Le « pas normal » devient une évidence. Retard du développement, absence de langage, désintérêt, absence de réaction aux sollicitations, troubles du sommeil… Et un jour le verdict tombe. Notre enfant est autiste.

 La vie s’organise autour de ce petit être étrange, inaccessible et pourtant incroyablement présent. L’attention pour lui est totale et constante pour chacun, parents bien sûr, mais aussi frères et sœurs. Les troubles du comportement mobilisent l’énergie de tous. Et il faut apprendre à communiquer avec ce petit enfant à la fois absent et hyper réactif à son entourage. Le reste du monde s’éloigne. Le frère d’un jeune autiste me disait un jour : « Quand je vais à l’école je change de planète ».

Autour de l’enfant autiste, on organise l’espace, le temps, les échanges. Tout est structuré et codifié à l’extrême. On fait la chasse à l’imprévu. La moindre action est planifiée et à chaque manquement on risque le drame. En somme, l’autisme gouverne l’existence de chacun, au risque d’empêcher tout investissement extérieur. Lorsque les deux parents travaillent, la tentation est forte que l’un deux (la mère en général) cesse son activité. On oublie le théâtre, le cinéma, le sport, les sorties, les amis et les réceptions. Les frères et sœurs, petits ou grands, deviennent des auxiliaires parentaux.

 C’est une partie essentielle du travail des accompagnants de veiller au maintien et au développement des acquis d’une vie sociale accomplie pour tous les membres de la famille, et pas seulement pour le petit autiste.

On l’aura compris, les liens que tisse l’entourage avec le petit enfant autiste sont très forts et étroits. Ils sont encore renforcés par la fascination qu’exerce sur les non autistes cette manière particulière de percevoir et de comprendre le monde, cette capacité de mémorisation incroyable et cette impossibilité à organiser des échanges relationnels souples et aisés. En pratique, dès qu’il s’agit de faire quelque chose, une assistance se met instantanément en place, assumée d’abord par les parents, à défaut par un frère ou une sœur. Chaque membre de la famille devient vite un expert pour ce petit enfant qu’il est bien difficile de confier à d’autres, même s’ils font preuve de réelles compétences.

Chaque jour nous mesurons dans nos établissements que s’occuper d’enfants autistes, c’est d’abord s’occuper de leurs parents et de leur famille.

MA RENCONTRE AVEC L’AUTISME

A l’école maternelle

*Dans ma classe de PS (Une fillette d’âge GS) :

- Elle va avec les autres, les observe mais ne joue pas avec eux

- attirance vers la couleur « violette » : elle en badigeonne les dessins des autres enfants, leurs vêtements (de dos) et la moquette de la salle de musique. Elle se promène avec le pot et le pinceau.

-Elle me suit partout et observe ce que je fais.

Dans mon bureau, elle me voit tamponner des documents. Elle fait de même… partout

J’habite le logement de fonction de l’autre côté de la cour de récré. Elle a repéré ce lieu où je me rend régulièrement à certains moments de la journée. C’est mon logement de fonction. Elle finit par aller voir ce qui s’y passe. Tranquillement, un jour, elle s’y rend. Elle entre. L’appartement est occupé. Mon mari est là. Surprise, elle s’enfuit à toutes jambes. Elle se jette contre moi: « Il y a quelqu’un chez toi… Viens! »  Je pose des questions. Elle ne répond pas et s’en va.

- Dans la salle de musique, pendant une séance d’Education Physique,  je filme les élèves en action et ils peuvent se voir dans la TV.

Lorsqu’elle aperçoit son image, elle se jette d’abord par terre et se cache le visage dans ses bras. Puis elle le soulève et se regarde brièvement puis se cache. Elle renouvelle l’opération plusieurs fois. Je laisse faire mais elle finit par quitter la pièce.  Alors je coupe l’image. Et elle revient.

La fois suivante, elle allume la TV elle-même. mais elle n’y est pas. Elle frappe l’écran et me regarde. Mon caméscope n’est pas installé… Colère! Je suis obligée de la ramener en classe. Je vais plus tard lui présenter l’outil qui lui a montré son image. Elle me le demande inlassablement

-Une autre fois, elle vient dans mon bureau. Elle me voit tamponner des documents. Alors, brusquement, elle saisit le tampon, l’encre et tamponne très vite tout ce qui se trouve devant elle. Elle me regarde sans un mot mais j’ai l’impression qu’elle cherche mon approbation. Je lui explique à quoi ça sert et qu’on ne peut pas tout tamponner. Alors elle tourne les talons et s’en va.

*En MS, un garçonnet de 6 ans :

- Cet enfant a choisi de parler en Anglais. Selon les parents c’est arrivé au cours d’un voyage à Londres. Au bout de quelques jours il ne s’exprime plus que dans cette langue qu’il ne connaissait pas avant.

Il voue une passion à sa maman et reste plus méfiant envers son père souvent absent mais très attentif cependant à l’enfant. C’est une relation à 3 très étroite.

Lorsque les parents l’amènent dans mon bureau, il reste d’abord assis entre eux puis il vient se mettre près de moi et me regarde fixement. Je lui parle. Il regarde ses parents. On va lui faire visiter l’école. Les enfants sont en récréation. Il observe en silence, collé à sa mère.

Au bout d’un moment il ose et va se mêler et  rentrer en classe avec eux. Ensuite il s’assoit et attend. Il regarde, il écoute tout en regardant ailleurs et autour de lui mais ne parle pas. Il acceptera désormais de s’y rendre avec le groupe.

- Au début il se contente d’observer et de suivre. Quand la maîtresse pose un exercice écrit devant lui, il n’y touche pas. Il est installé à côté d’une fillette très douce qui lui parle. Il ne répond pas, mais il copie sur elle et fait son exercice. Puis il le porte à la maitresse avec les autres. On ne sait pas s’il est satisfait mais il va recommencer chaque jour sa démarche. la maîtresse en profite pour exploiter la situation.

- Plus tard, il va parler à sa voisine, puis à d’autres. Mais toujours un seul interlocuteur.

A la sortie, il s’habille et fait tous ce que les autres font.

Quand il voit ses parents il attend qu’on lui dise de bouger. Puis il se jette sur eux sans mot dire.

*Je rends visite avec ma fille à une de mes cousine chargée d’un petit groupe d’autistes de 5 à 12 ans (petits Parisiens en vacances à l’Hôpital de San Salvadour au bord de mer entre Toulon et Hyères:

Au début le groupe s’approche et nous touche d’abord derrière puis l’un s’enhardit, les autres suivent et se collent à nous. La maitresse leur demande de s’écarter mais ils se font menaçants. Finalement je m’approche de la table où ils étaient en train de dessiner et je fais de même. Alors tous viennent et font comme moi. C’est à qui prendra la place près de moi. Nous passons ainsi 1 heure au moins. Puis nous devons partir. Alors là !  Ils se mettent autour pour nous en empêcher et l’un se jette à terre et me prend par la cheville. Un second me prend l’autre cheville. Je reste sur place et j’attends. J’explique que je dois partir mais que je vais revenir. Ça dure un moment et puis petit à petit la tension se relâche. Nous revoilà entourées de bras. Ça dure encore un moment et enfin nous pouvons partir. De loin, je vois les enfants reprendre le cours de leurs activités.

Dans tous les cas, on note : silence, observation et imitation et relation entière et exclusive. Puis indifférence et retour à son monde.

Ma première rencontre en famille

J’avais un oncle de 35 ans. Je l’aimais beaucoup.

Moi j’avais 10 ans et j’aimais bien être avec lui. C’était un bon compagnon de jeu.

Il imitait mon écriture pour m’aider à faire mes punitions. En sixième, il m’aidait pour l’Anglais. Et si on voulait s’attaquer à moi, il me défendait et me protégeait. Nous étions toujours ensemble. Mais quand il me prenait dans ses bras, il me serrait si fort que cela faisait peur à ma mère. Pas à moi.

Il vivait en famille. Mi homme- mi enfant, on lui parlait tout à tour  comme s’il était l’un ou l’autre. Il ne remarquait pas la différence mais moi oui et j’étais toujours de son côté.

Tous les adultes de la maison s’occupaient bien de lui  et il obéissait en général à tout le monde.

Mais il était capable de crises de désespoir et de colères terribles qu’à l’époque nous ne comprenions pas, surtout quand on lui refusait quelque chose.

Un jour les crises se répétant trop souvent il avait fallu le mettre dans une institution qui malheureusement n’était pas adaptée à son cas. Il y est mort.

Mais que savions nous alors de l’autisme?

Il était séduisant et charmant et il plaisait à tous,  surtout aux femmes. Elles ne s’apercevaient pas tout de suite qu’il n’était pas comme tout le monde.

Il avait une immense mémoire et une grande intelligence.

J’étais émerveilléee: Il était capable de calculer très vite. Il parait qu’à l’école en CM2 le maître n’avait rien remarqué car il retenait sur le champ ses leçons et les récitait  par cœur. Jusqu’au jour où, envoyé au tableau, il refit le problème à l’envers… convocation de la famille et là … tout le monde se pose des questions…  sauf moi bien sûr, lorsqu’on me raconte cette histoire. On cherche des causes. Il a fait une chute d’une terrasse à 4 ans. Ca doit venir de là. Un point c’est tout.

Enfant, je me retrouve un peu dans la relation qui est décrite dans le livre. Je pourrais m’y glisser. C’est sans doute pour cela que j’ai plongé dans ce livre.

Paule et René

 

Finalement un enfant et un adulte Asperger ça a probablement des points communs.C’est sans doute pour cette raison que la relation de confiance et la communication  a pu s’établir entre eux.

Lisez cette lettre. Et comparez les mots avec le discours du héros du livre.

fichier pdf 31 aout 1949 Lettre de René 30 ans à Paule 8 ans

 

Alors peut-être faudrait-il s’interroger sur les similitudes positives qui pourraient être utiles à un adulte qui veut s’engager dans cette voie.

 

LIENS INTERESSANTS,  parmi des tas d’autres

* Jacques Vazeille sur Facebook

Jacques Vazeille

« Ça y est ! Mon premier roman, et vraisemblablement le dernier est référencé sur les grands sites : Chapitre, FNAC, Hachette, Amazon, Baudelaire… « MURS » éditions Baudelaire. … en librairie. J’attends les critiques de pied ferme. » Jacques Vazeille

J’ai découvert, au hasard de mes recherches ce document dont Jacques Vazeille pourra sans doute nous parler. Je ne suis pas assez compétente pour cela.

* Cliquez sur ce lien:  Lireettirelire

A quoi servent les livres s’ils ne ramènent pas vers la vie, s’ils ne parviennent pas à nous y faire boire avec plus d’avidité ?  [Henry Miller]  Extrait de Lire ou ne pas lire.Un mur ça peut séparer mais aussi réunir. Un mur ça peut protéger mais ça peut aussi s’abattre.

Des murs il y en a vraiment de toutes les sortes. Il y a des murs en briques, des murs en carton, des murs invisibles que l’on a en soi…
Pour Mine, 12 ans, le mur il est entre sa maison et le Château. Sa maison elle y vit avec sa mère et sa petite sœur avec la menace que fait planer la Mère DDASS (merdasse pour les intimes) de l’envoyer en foyer. Le mur la sépare des résidents du Château qui sont des adultes handicapés.
Pour Samson, il y a plusieurs murs. Il y a celui que «  le vieux Monsieur » lui a construit dans la chambre qu’il doit bientôt occuper au Château. Ce mur-là il est fait de boites de cartons. Il est facile de l’abattre et de le reconstruire aussi. Son autre mur, à Samson il est dans sa tête. Car Samson, même s’il ne sait pas trop bien ce que cela signifie, est autiste. Alors il y a entre lui et le monde un mur d’incompréhension, ou peut être plutôt de mécompréhension….
Mais qu’ils soient de briques ou de cartons, visibles ou invisibles, les murs de cette histoire ne résisteront pas longtemps.

 

* Livre : L’autisme, revu et corrigé par un autiste Asperger

TÉMOIGNAGE CONTROVERSÉ D’UN GÉNIE DE LA CONSCIENCE

Mot de l’Éditeur pour ce livre sur l’autisme10 raisons de lire ce livre controversé  sur l’autisme

  1. Vous découvrirez pourquoi les autistes en général, veulent rester autistes…
  2. Vous comprendrez pourquoi les parents défendent parfois avec véhémence et sans le savoir leurs enfants autistes prétextant d’accepter leur différence…
  3. Vous découvrirez la vraie réalité de l’autisme comme on ne vous l’a jamais présenté…
  4. Vous comprendrez les différents symptômes de l’autisme vus et vécus par un autiste Asperger Conscient comme jamais auparavant vous ne les avez vus, par exemple pourquoi la communication peut être défaillante chez certains et d’autres pas…
  5. Vous comprendrez pourquoi les relations humaines peuvent être nuisibles pour les autistes…
  6. Vous comprendrez pourquoi les autistes ont besoin de leur bulle…
  7. Vous serez en mesure de voir le potentiel qui existe dans la condition de l’autisme…
  8. Vous comprendrez comment certains autistes ont accès au génie en eux…
  9. Vous découvrirez quel est le message de Dieu derrière l’autisme…
  10. Vous comprendrez l’autisme au point même de vouloir devenir autiste…

* Le MUR, la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme

Le film emblématique de la cause de l’autisme en France

Le MUR, la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme, a été réalisé en 2011 par Sophie Robert, et produit par OCÉAN INVISIBLE PRODUCTIONS, en partenariat avec AUTISTES SANS FRONTIÈRES. Cette association, présidée par Vincent Gerhards, milite pour la scolarisation des enfants autistes. Ce film a permis de lever la chape de plomb qui pèse sur la prise en charge des troubles envahissants du développement en France, en Suisse romande et en Belgique francophone. Diffusé en septembre 2011 sur le site d’Autistes Sans Frontières, Le MUR, la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme, s’est répandu en quelques jours de façon virale dans le monde entier, avant d’être poursuivi en justice par trois des psychanalystes interviewés, censuré pendant deux ans, et intégralement réhabilité par la cour d’appel de Douai le 16 janvier 2014.

Le MUR, la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme expose le point de vue psychanalytique sur l’autisme, par la bouche de dix psychanalystes et d’un pédiatre proche des cercles lacaniens. Pour la première fois, ces professionnels expriment leurs théories dans un langage accessible aux profanes. Devant la caméra de Sophie Robert, ils exposent longuement leurs convictions intimes sur les causes de l’autisme : une psychose (folie) induite par une mauvaise relation maternelle, et les perspectives offertes par la prise en charge psychanalytique de ce trouble : le nihilisme thérapeutique, avec pour conséquence l’enfermement à vie en établissement psychiatrique.

* Le syndrome d’Asperger au féminin

* Le combat des femmes Asperger pour obtenir un diagnostic

* La parole aux personnes autistes: témoignages

Les sites ne manquent pas. mais rien ne vaut la rencontre et l’échange direct.

Je remercie Maurice Arnaud, voisin et résident du Parc, qui nous a présenté Jacques Vazeille que nous allons bientôt retrouver.

toi et moi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Autisme, Santé | 1 Commentaire »

Space Oddity. David Bowie was

Posté par ENO filles le 12 janvier 2016

Portrait de David Bowie 

Le monde du spectacle est en deuil. L’hécatombe de janvier 2016 continue.

David Bowie (nom de scène de David Robert Jones), chanteur, compositeur, producteur de disques et acteur britannique, né le 8 janvier 1947 à Londres, dans le quartier de Brixton, est mort à l’âge de 69 ans, ce 10 janvier 2016 à New York des suites d’un cancer… encore un.

L’icône de la pop et de la mode laisse derrière lui des millions de fans orphelins ! Pour rendre hommage à cet artiste inclassable, « Femmes Plus » revient en images sur ses looks improbables qui ont fait de lui une star mondialement adulée. Cliquez ici

L’annonce de la mort de David Bowie a fait réagir de nombreuses stars!

Paul McCartney, Christine and the Queens, Alizée… de nombreux artistes ont tenu à lui rendre hommage en photo. Découvrez les photos les plus touchantes.

En 1982 David Bowie est très présent dans notre vie de famille,

de par l’engouement que lui voue ma fille de 16 ans à cette période.

Le look suit.

 

1982

 

Nous étions très documentés sur la star de la Pop. Sa musique avait envahi notre espace. Et tout le monde se prêtait au jeu.

Avec « Space Oddity », c’est mon fils de 10 ans, passionné d’espace, qui se lance.

 

Space Oddity

 

David Bowie 1984 dessin au crayon de Paule

Mon hommage à l’artiste: ce portrait au crayon que j’avais réalisé alors pour elle.

 

Et le petit montage photo d’une rencontre improbable entre elle et l’artiste. Mais je ne l’ai pas retrouvé.

Mais qui était David Bowie ?

On le surnommait l’homme aux mille visages. Il dérange, il provoque, mais il fascine. Il estincontournable.

On le dit « inclassable » : En musique il anticipe et traverse les évolutions artistiques de notre époque avec aisance et sans tabous. Boulimique et inépuisable, il  puise dans toutes les disciplines artistiques. Rien ne lui fait peur. Il ose tout. Son look suit cette évolution incroyable

En affaire, il sait faire :

« Un business qui marche est le meilleur art qui soit« 

Et s’il est facile de vendre le talent, il n’est pas si facile de se vendre.

David Bowie fut un grand businessman.

Je vous invite à regarder ce diaporama

que j’avais créé en 2013 et qui dormait depuis

dans mon PC.

 

 Bowie aux mille visages

 

Expositions

« Nothing has changed by Bowie »

La Philharmonie de Paris consacre sa première exposition à David Bowie. Présentée au Victoria & Albert Museum de Londres en 2013, celle-ci sillonne la planète avec un succès retentissantArt. Evene. Le Figaro

 

« David Bowie is »

A Paris du 3 mars 2015 au 31 mai 2015

A un moment j’avais envisagé de m’y rendre mais c’est toujours un peu compliqué pour moi d’organiser ce type de voyage.

« Après son immense succès londonien, l’exposition « David Bowie is » est présentée dans une version légèrement remaniée à Paris en mars 2015 pour l’ouverture de la Philharmonie de Paris. Qu’il s’agisse du glam rock, du funk ou de la soul, du disco ou de l’électro, David Bowie endosse tous les genres avec une longueur d’avance. De « Major Tom » à « Ziggy Stardust », d’ « Aladdin Sane » à « Halloween Jack », David Bowie, fasciné par les avant-gardes, s’invente, se métamorphose et exhibe son corps devenu spectacle. Londres, New York, en passant par Berlin : sa géographie musicale anticipe et traverse les évolutions artistiques de notre histoire récente. 

C’est cet itinéraire riche et fascinant que l’exposition se propose de retracer.

Provenant essentiellement des archives de David Bowie, les documents visuels ou sonores inédits, photographies et films, costumes, éléments scéniques, manuscrits, dessins et instruments témoignent du parcours hors normes et de l’influence sur la culture populaire d’un artiste unique et « inclassable » et font de l’exposition une véritable expérience visuelle et sonore, réalisée en partenariat avec Sennheiser. » Doc. Evene- Le Figaro 

Selon  Olivier Nuc pour Le Figaroscope :

« Pour cette ambitieuse exposition, 300 objets ont été sélectionnés par les commissaires Victoria Broackes et Geoffrey Marsh, parmi les 75 000 stockés dans les archives personnelles de l’artiste.

Manuscrits de chansons, costumes, photographies, studio reconstitué, films, clips et décors racontent une carrière spectaculaire.

La première partie de l’expo montre la construction mentale et culturelle de David Jones. Influencé par son demi-frère Terry, le jeune homme absorbe aussi le jazz et le rock’n'roll venus d’Amérique.

 À 18 ans, en 1965, Jones devient Bowie : la lettre en attestant officiellement est présentée.

L’histoire s’accélère. Gilbert & George, Andy Warhol et Stanley Kubrick qui lui inspire « Space Oddity », son premier tube, imprègnent le travail du jeune homme.

Diffusé sur un écran géant, le passage de Bowie dans « Top of the Pops », le 6 juillet 1972, est le moment où l’exposition bascule, comme la carrière du chanteur : l’Angleterre découvre cette créature ultra sexuée et ambiguë.

La suite du parcours montre avec quelle virtuosité l’artiste se renouvellera sans cesse.

Des écrits de Tristan Tzara aux toiles de Sonia Delaunay en passant par la méthode du cut-up chère à l’écrivain William Burroughs, Bowie puise dans des disciplines nobles la matière de chansons populaires et consigne ses textes dans des cahiers, avec une écrite de petit garçon appliqué.

L’apport de Bowie à la vidéo musicale, indéniable, est résumé par des clips sidérants de modernité.

La section finale, elle, offre quelques-unes des plus belles performances scéniques de Bowie. » 

Biographie de David Bowie

Date de naissance : 8 Janvier 1947
Adolescent, David Robert Jones suit des cours de théâtre et de mime, tout en apprenant à jouer de divers instruments. Tout au long de sa carrière, Bowie mêlera intimement ces deux genres, créant des personnages pour théâtraliser sa musique.

Son parcours débute en 1965, son premier succès sera ‘Space Oddity’ en 1969.

L’éclosion d’un artiste majeur survient avec Hunky Dory en 1971, initiant le mouvement glam et préfigurant l’incroyable déferlante Ziggy Stardust, qui revisite le rock avec panache.

La personnalité de sa création sera si écrasante que Bowie y mettra fin en 1973 et se lancera dans de nouvelles perspectives musicales : le disco soul Station to Station, la préfiguration de la new wave avec la fameuse trilogie berlinoise : Low et Heroes, 1977.

Les années 1980 seront synonymes d’un grand passage à vide sur le plan musical et paradoxalement un grand succès commercial.

Entre-temps, il multiplie les rôles au cinéma Furyo.

Son grand retour survient avec les années 1990 avec Outside et ne se démentira pas ensuite, marquant un chemin artistique à la qualité et à la longévité exceptionnelles.

En 2003, il signe Reality. Il mettra dix ans à enregistrer un nouvel album studio, ce sera The Next Day en 2013.

Entre temps, David Bowie prête sa voix à quelques personnages de dessins animés. 

Son dernier et 26ème album, Blackstar, sort le 8 janvier 2016, le jour de son anniversaire. ,

Deux jours plus tard, le chanteur iconoclaste David Bowie, décède à l’âge de 69 ans, des suites d’un cancer contre lequel il se battait depuis 18 mois. 

 

David Bowie au Festival de Cannes

Une grosse bourde pour une faute de frappe, un malentendu cocasse, un peu de flemme… Il fait l’objet de l’une des anecdotes les plus étonnantes autour du plus grand festival de films au monde.

C’était en 1983. David Bowie est à l’affiche de « Furyo« , le film de Ōshima Nagisa, en compétition officielle. Quelques heures avant le palmarès, une fuite laisse entendre que « le film japonais » aura la Palme d’or. L’équipe d’Ōshima, dit-on, sable déjà le champagne, oubliant qu’un autre film japonais figure dans la sélection. Et ce sera « La Ballade de Narayama » de Shōhei Imamura qui sera récompensé ce soir-là…
Presque 10 ans plus tard, en 1992, le même Bowie et Chris Isaak ont tous deux un rôle dans le film de David Lynch  »Twin Peaks, Fire Walks With Me« .

Lors de la soirée organisée autour du film, ils doivent donner un concert commun… Croit-on du moins, car en lieu et place de Bowie et Isaak, les convives auront droit à un concert de… Pow woW.

Bowie en quelques citations

Esthétique, musique, célébrité… citations de David Bowie

Impossible de réduire un homme à quelques citations, encore moins un artiste total comme David Bowie. Mais on a tenté d’en retrouver les plus intéressantes.

 « Je pense que nous aimons tous les cheveux longs et nous ne voyons pas pourquoi nous devrions être persécutés pour cela. »

En 1964, David Jones a 17 ans et va sur le plateau de la BBC pour défendre ses choix esthétiques, en tant que président de The Society for the Prevention of Cruelty to Long-Haired Men (Société pour la prévention de la cruauté envers les hommes aux cheveux longs).

 « Vous savez comment j’ai connu Iggy et Lou Reed ? C’était à une fête de RCA au Max’s Kansas City à New York et on m’a présenté à Lou. Il a immédiatement commencé à me raconter une histoire sur un mec qui s’injectait de la drogue par le front – typique de Lou. Et alors apparaît ce petit mec marrant, tout loqueteux avec les dents cassées et Lou dit : “Ne lui parle pas, c’est un junkie.” C’était Iggy. On ne pouvait s’empêcher de l’aimer, il était si vulnérable. »

 

Interview au magazine de musique britannique Disc en 1973.

 « Non seulement je faisais une reprise d’une chanson du Velvet avant tout le monde, mais en plus je la faisais avant que l’album du Velvet  sorte. »

Extrait d’un article de Libération dans lequel Bowie raconte l’impact qu’a eu le Velvet Underground lorsqu’il l’a écouté pour la première fois.

 

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« J’aime le rock’n’roll. Tout ce que j’ai dit jusqu’ici à ce propos était faux. Je l’aime. Je l’aime parce que c’est rempli de menteurs. Jamais dans ma vie je n’ai été dans un milieu où je pouvais dire autant de bobards et m’amuser tellement en le faisant. »

 

Interview au magazine de musique américain Circus en 1976.

« J’essayais pratiquement tout. Et je crois avoir fait à peu près tout ce qu’il est possible de faire, à part les choses vraiment dangereuses, comme être un explorateur. Mais tout ce que la culture occidentale a à offrir, je l’ai vécu. »

 

 

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Bowie au festival de Cannes en 1978. (AFP)

 

Interview au journal britannique The Telegraph en 1996.

« Je suppose qu’en tant qu’artiste, il ne s’est pas toujours agi pour moi d’exprimer mon travail. Je voulais vraiment, plus que tout, contribuer d’une façon ou d’une autre à la culture dans laquelle je vivais. »

 

Interview au magazine GQ en 2002.

« J’ai l’impression d’avoir invariablement écrit sur les mêmes sujets depuis 35 ou 40 ans. Il n’y a eu que peu de place pour le changement avec moi. Tout n’est que découragement, désespoir, peur, isolement, abandon. »

 

Interview à la BBC en 2002. Bowie en 2002 ( AFP / MARTIN BUREAU)

« Je savais ce que je voulais être, à savoir un auteur-compositeur et un interprète, et je sentais que l’on me résumait désormais à cette bisexualité et pour très longtemps. L’Amérique est très puritaine et je pense que ça m’a empêché de faire beaucoup de choses. »

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Interview au magazine Blender en 2002.

« La célébrité, en soi, ne vous donne bien sûr le droit à rien d’autre qu’à une bonne table dans un restaurant. Cela doit être assez connu aujourd’hui. Je suis stupéfait par le postulat que la célébrité doit être l’alpha et l’oméga, et tous ces jeunes gens que l’on veut imposer au public et que l’on a convaincu que tout est permis pour devenir célèbre. C’est une triste situation. Ma génération était peut-être arrogante et ambitieuse, mais je pense que l’idée était que si on faisait quelque chose de vraiment bien, on deviendrait célèbre. Aujourd’hui, il faut tout faire pour être célèbre, ce qui n’est pas du tout la même chose. Et beaucoup d’entre eux se retrouveront avec ce sentiment de vide en eux. »

Extrait d’un entretien au magazine Performing Songwriter en 2003.

« Je ne sais pas où j’irai à partir d’ici, mais je vous promets que ça ne sera pas ennuyeux

Sur scène lors du concert

au Madison Square Garden pour ses 50 ans en 1998.

 

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David Bowie sur YouTube

Et quelques-uns de ses succès:

TINA TURNER ET DAVID BOWIE – TONIGHT

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QUEEN ANNIE LENNOX ET DAVID BOWIE

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QUEEN & DAVID BOWIE – UNDER PRESSURE

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MODERN LOVE

David Bowie & Mick Jagger – Dancing In The Street

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CHANGES

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THE STARS

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MOONAGE DAYDREAM

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THE MAN WHO SOLD THE WORLD

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VALENTINE’S DAY

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REBEL REBEL

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ABSOLUTE BEGINNER

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BLUE JEAN

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CHINA GIRL

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ASHES TO ASHES

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HEROES

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LIFE TO MARS

(j’adore)

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SPACE ODDITY

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LET’S DANCE

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BLACKSTAR

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et pour finir

SUR LE PORT D’AMSTERDM

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