J’ai laissé le piano dans la maison de MOSTAGANEM

Posté par ENO filles le 12 mars 2018

J’AI LAISSÉ LE PIANO DANS LA MAISON DE MOSTAGANEM

UN SPECTACLE DE JACQUELINE BELLIDO

THÉÂTRE ? CONCERT ?

SANS DOUTE LES DEUX…

AFFICHE PIANO BELLIDO

« Pour réveiller les émotions contenues dans le ventre d’un piano laissé en Algérie lors de l’exode, une femme engage une pianiste et lui demande de s’identifier à Dédée, son amie d’enfance jamais retrouvée et jamais oubliée.

Très loin de toute mise au point partisane, cette histoire d’amitié sacrifiée à la «  arche de l’histoire » mène des routes dramatiques de l’exode à celles glacées de l’exil, évoquant, par touches drolatiques ou bouleversantes.

Les péripéties d’un épisode mal connu : l’installation en France, à l’été 62, d’un million de français, arrachés à une terre, l’Algérie, qu’ils croyaient la leur, et difficilement acceptés par une autre, la France, que jusque-là ils croyaient à eux. La musique sert de pont entre toujours et jamais, le piano interpelle, répond, raconte, il parle.

UN THÈME UNIVERSEL

Au-delà de l’exode des pieds-noirs, au-delà de l’actualité récurrente sur nos écrans, le sentiment de perte et d’exil ne concerne-t-il pas chacun d’entre nous, qu’il soit exilé ou pas ? S’approcher du drame des pieds-noirs à l’été 62, ce n’est peut-être, finalement, qu’aller à la rencontre de soi-même.

Un spectacle envoûtant dont la douceur caresse comme le vent tiède du soir sur les champs d’orangers et dont l’ardeur gifle comme le souffle brûlant du sirocco sur les dunes du Sahara.

Comédienne : Jacqueline Bellido
Piano : Mélina Burlaud

PIANO BELLIDO

 

Un message de Laurence BELLIDO, fille de Jacqueline, veuve de notre camarade normalien JEAN-CLAUDE de la promo 57.

« Salut les ENO ! Voici un article de la journaliste ANNETTE BRIERRE, pour ceux qui étaient au spectacle et ceux qui auraient aimé y être ! 

(Un grand merci à Germaine de s’être déplacée de Toulon et au plaisir de vous voir les autres ENO, à la prochaine date !) »Amicalement, »

Laurence

« J’ai laissé le piano dans la maison de Mostaganem »

  Raccorder deux mémoires déchirées        

  »Il fallait oser. Prendre le risque de raccorder deux mémoires, de tenter de fermer la parenthèse « des Français partis en Algérie avec la gloire et des Français revenus d’Algérie avec l’opprobre ».

Jacqueline Bellido risque cette double gageure. Et gagne son pari.

Quand les dernières notes de piano se sont évanouies, quand les deux actrices quittent discrètement le plateau,  une sorte de paix nous envahit, comme si quelque chose enfin se dénouait en nous. Comme si « la Meuse endormeuse » de Péguy et l’oued el Kheir desséché par le grand soleil d’Algérie s’étaient enfin rapprochés et réconciliés. La petite Jeanne chère à Péguy et les deux petites pieds-noirs Dédée et Jacotte ont accordé leurs mémoires : « Pour la première fois, je sens le voile prêt à se déchirer » dit Jacqueline Bellido à qui il aura fallu plus d’un demi-siècle pour pouvoir écrire cette pièce-catharsis de sa propre histoire.

                                                           La chair de ce pays

D’entrée de jeu, l’atmosphère est créée par cette chanson si émouvante composée et interprétée par Jacqueline Bellido, « l’Algérie, toi mon pays, lost paradis », portée par le piano sublimé de Mélina Burlaud.

 THEATRE  Jacqueline Bellido PIANO Mélina Burlaud

On est immédiatement immergé dans cet univers de senteurs et de couleurs, dont le jasmin et l’olive, la caroube et l’orange, le galant de nuit, le citronnier, le safran et le bougainvilliers, les plages et le soleil « qui brûle tes bras nus, qui affole et décuple le chant étourdissant des criquets, qui te ploie, qui te plie, qui cogne, qui plombe… » constituent la chair de ce pays.

« J’ai laissé le piano dans la maison de Mostaganem « nous saisit au cœur, nous entraîne dans cette Algérie dont l’histoire récente continue de nous hanter, nous les « Français de France » tout autant que les Français d’Algérie.

Jacqueline Bellido imagine un dialogue entre deux petites copines, Jacotte et Dédée, d’abord là-bas dans les années d’enfance puis  ici en France -même si  Dédée disparue est remplacée par Mel, la pianiste- alors que les années ont passé et qu’il a bien fallu apprendre à vivre ensemble en métropole. On rit beaucoup à l’évocation de ce que vécurent ces centaines de milliers de Pieds-Noirs « recasés au-dessus de la Loire » et contraints de se faire accepter par des Français pour le moins rejetants.

C’est grâce aux « p’tits plats » venus de là-bas, les Mantecaos, l’anisette, le couscous, la kémia offerts par la chaleureuse Madame Sintès à la coincée Madame Delalande que naîtra une véritable amitié entre ces personnes aux cultures si différentes :

« On a fait plein de choses ici, depuis 50 ans qu’on est là, reconnaît Jacotte ; qu’on les aurait pas faites là-bas ». ANNETTE BRIERRE

 

  

 

Magnifié par la musique

Le texte si fourmillant de truculences, de petits et grands bonheurs vécus mille fois dans une atmosphère inoubliable de légèreté et d’amour partagé, est magnifié par la musique magistralement interprétée au piano par Mélina Burlaud. La jeune artiste, professeur de piano et concertiste, virevolte avec une virtuosité époustouflante de Schubert à Mozart, de Chopin à Liszt ou Albeniz, de Fauré à Mendelsshon, de Satie à Haydn, ne s’interrompant que pour rejoindre Jacotte sur le plateau et lui donner la réplique.

Ce bain musical tout de délicatesse et d’émotion nous empoigne du début à la fin et nous transporte dans un univers poétique adoucissant toutes les fêlures, toutes les brisures de l’âme et de la mémoire.

« Adieu, Meuse endormeuse et douce à mon enfance… J’ai déjà commencé ma partance en des pays nouveaux où tu ne coules pas… Voici que je m’en vais en des pays nouveaux » dit la petite Jeanne s’en allant bouter les Anglais hors de France. Adieu, lui répond en écho la petite Jacotte, quittant pour toujours l’oued el Kheir de son enfance ensoleillée.

En proposant cette pièce originale et forte, Jacqueline Bellido fait œuvre de résilience qui devrait aider à panser des plaies toujours vives des deux côtés de cette Méditerranée tant chérie par les uns et par les autres.

♦ LE MESSAGE DE JACQUELINE

Pour l’instant ce spectacle est vendu 2 fois sur ma région  pour 1 représentation en janvier et 1 autre en février 2018.
Il reste donc un travail de démarchage très important à réaliser pour que ce spectacle puisse se jouer beaucoup et partout.

Aussi, si dans votre entourage vous connaissez quelqu’un (maires, chargés culturels, responsables d’associations etc.) susceptibles d’être intéressés par l’achat de ce spectacle ou le soutien à sa réalisation,  merci de lui communiquer cette plaquette ainsi que mes coordonnées afin qu’il puisse me contacter.
Et n’hésitez pas à diffuser largement l’info et ce document  La parole est prête maintenant il faut qu’elle vive !!
Gros bisous à tous.
La femme de votre cop’  Jean-Claude. 10 MAI 2017

♦ LE COMMENTAIRE DE GERMAINE

Oui, j’y étais, à Orthez. « J’ai laissé le piano à Mostaganem »

C’est la pièce que Jacqueline Bellido a écrite sur le départ des Pieds- Noirs, les dernières années douloureuses, ce qu’il reste des souvenirs qui, malgré tout s’estompent.

Une prose ni aigre, ni insultante, sans rancune, bien en accord avec la musique du piano qui, lui aussi se souvient, et, à sa façon, nous parle de la violence des flots du Rummel, de la douceur orientale de nos divers langages, le tout mêlé d’un brin d’ironie et beaucoup de mélancolie. Que d’émotion!

Ça n’était pas seulement un One woman show, mais un dialogue entre le piano et Jacquie.

Et pour moi, la question, soudain:

« Vous n’êtes pas chez vous, après tout, vous devez partir! »

Puis, quelques mois plus tard: « On a eu une guerre à cause de vous, vous nous envahissez, fichez le camp! Repartez chez vous! »

Et, avec beaucoup de tendresse et un peu de désespoir, la voix inquiète de Jacqueline qui se demande: « Mais c’est où chez nous? C’est où ? »

Oui, un grand point d’interrogation en moi, même si j’ai été parfois assez bien ici ou là, je ne me suis jamais sentie chez moi nulle part.

J’ai eu le plaisir de rencontrer plusieurs de ses amis ex-Mostaganem, mais aucun ENO.

Est-ce parce que vous n’étiez pas au courant?  

Toujours est-il que la pièce a fait salle comble et que Jacqueline, à la demande générale va contacter plusieurs autres théâtres et tourner  dans le pays.

Je vous recommande d’aller voir l’histoire de ce piano, well, un peu notre histoire.

Et moi, votre amie lointaine, de distance et de cœur, je pense à vous et vous dit comme dans mon dernier pays: « I love you! » GERMAINE

 

 

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