Bienvenue sur le volet 10 du Blog ENO filles

Posté par ENO filles le 3 janvier 2014

ENO BLASON

 

3 janvier 2014

Ceci est le dernier volet en cours de la Saga ENO. Vous retrouverez tous les autres liens sur la partie gauche du blog.

Et pour ceux qui n’ont pas envie de chercher, voir ci-dessous:

* SOMMAIRE DU BLOG

Le Blog ENO Volet 1

Le Blog ENO Volet 2

Le Blog ENO Volet 3

Le Blog ENO Volet 4

Le blog ENO Volet 5

Le blog ENO Volet 6

Le blog ENO Volet 7

Le blog ENO Volet 8

Le blog ENO Volet 9

IMPORTANT!

PAS DE COMMENTAIRES SUR CETTE PAGE.

Pensez à bien écrire vos commentaires en bas de l’article concerné.

Les lecteurs ne les liront pas toujours.

Pour me contacter cliquez sur la page FORMULAIRE DE CONTACT.

 

 

 

 

Publié dans ACCUEIL, Blog, ENO | 6 Commentaires »

Les voeux de Papy qui compte 2019 années

Posté par ENO filles le 1 janvier 2019

LES VŒUX DE PAPY QUI COMPTE toujours aussi bien dans la langue de Molière

ECOUTEZ-LE EN CLIQUANT SUR SON AVATAR 

 

Papy qui compte

Papy qui compte

Bonjour, Au tout début d’une nouvelle année peut-être eut-il été préférable de faire une épitaphe pour celle qui vient de s’achever ? Un peu dans le style de celle de Seikilos*, « signe immortel d’un souvenir éternel », mais il aurait fallu qu’on la chantât ! Et là… Alors, j’ai seulement pioché dans les bons mots de notre belle langue.   

Alors il acheva…

Ainsi nous revoilà Gros-Jean comme devant*,

Face au grand retour, du sacré Nouvel an !

En Janvier de l’an, deux-mille dix-neuf, le Premier,

Un Papy désœuvré se mit à toupiller*,

Très engé* de trouver des vœux originaux

Qui combleraient, famille, amis et…  marginaux ?

Oui, mais quoi ? Surtout ne pas être gnomique*,

Éviter, bien sûr, le style hyperbolique*

Trop de vœux tue les vœux, c’est bien calamiteux !

Il imagina, donc, réduire ses tas de vœux.

Et, telle une épenthèse* qui se griffe dans un mot,

S’inséra dans chacune des pensées du cerveau,

En cherchant à outrance, en fronçant la taroupe*,

Il regroupa ses vœux, en pensant à la troupe* ;

Choisit les plus précieux ;

Fit ainsi pour le mieux.

Alors, Il acheva sa tâche magistrale

Et, devant l’assemblée,

Un moment stimulée,

D’un air très solennel et d’un ton triomphal,

Il se prit à les dire…

Et flatteurs d’applaudir*.

Ainsi, on perçut, dans un grand cérémonial,

Croître ce friseli*

Qui, comme une sygysie*,

Fit frémir l’auditoire en ce mois hivernal :

En un : Santé : Évident. – L’Arc-en-Ciel !

En deux : Prospérité - Le matériel !

Et en trois : Bonheur - Pour tous… Éternel !

Mais  si tu préfères simplement, si tu veux :

D.T.C.T.P. : Dé..brouille-Toi Comme TPeux !

C’était la martingale d’un Papy fraternel.

Mais il se pourrait bien, que pour plaire à certains,

Le Papy utilise-je sais, ce n’est pas bien-

Une prose spéciale, un peu apodictique*,

Juste pour satisfaire les esprits pragmatiques :

Le Papy vous invite, en ce début de nouvelle année, à vous saisir des pensées ultra positives, aussi appelées « Philosophie du Jardin », liées aux remarques d’Épicure, pour vous imprégner de ce qui concerne le Bonheur. Il vous invite, aussi, à développer votre Capital, tout en conservant un degré de croyance raisonnable, grâce à la mise en pratique de la rationalité et de l’objectivité, qui émanent des recherches de John M. Keynes*, à propos de sa « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie ». Enfin, il insiste pour que vous ne négligiez pas d’appliquer les conseils; issus des études basées sur l’émotion et la subjectivité d’Hippocrate, si vous voulez consolider et prolonger votre Santé, bien sûr .En ce qui le concerne, pour résumer et, dans le doute, il vous demande d’appliquer, en 2019, la règle universelle, bien connue de tous :  D.T.C.T.P. (Dé…brouille-Toi Comme TPeux !)  afin que vous puissiez mieux vous enjailler* !

Bonne et heureuse année à tous

 

Re-gros tas de bises hypocoristiques, aux unes, Re-gros tas d’amitiés à tous  Henri le Papy Qui a Compté, en 2018, moins qu’en 2017, ses tas (d’em … ) euh, moins de tas, quoi !

Épitaphe de Seikilos : Fragment d’inscription épigraphique, accompagné d’une notation musicale, gravé sur une colonne de marbre qu’un certain Seikilos a faite ériger sur la tombe de son épouse ou de son père, près de Tralles (Asie Mineure). Ici, un aperçu de cette musique, reconstituée, du Ier ou IIème s.

Image de prévisualisation YouTube

 LEXIQUE DES MOTS  PAPYLIENS

Gros-Jean comme devant : Merci La Fontaine « La laitière et le pot au lait ». (Désuet). Après avoir espéré de grands avantages ou s’être cru dans une brillante position, se retrouver dans l’état où l’on était avant.

Toupiller : Aller et venir avec agitation, sans motif réel.

Engé : part. passé d’enger. Terme familier. Embarrassé. « me voilà engé de ce lourdaud ».

Gnomique : (adj.) Sentencieux. Qui exprime des vérités morales sous forme de proverbes ou de maximes.

Hyperbolique : ici dans le sens d’un style pompeux, grandiloquent. (Euh… Voir le dénommé Jacques pour plus d’explications )  

Épenthèse : (n.f.) Allez, quoi ! Juste une petite recherche dans votre dictionnaire favori, le Larousse par exemple, et vous saurez.

Taroupe : (n.f.) Au niveau de la «  glabelle », pilosité variable, suffisamment importante pour former une continuité entre les deux sourcils. (Nom savant : Synophridie).

La Troupe : « Famille, amis et…  marginaux » Comme pour Noël, les invités de la dernière heure !

Énallage : (Rhét.) Figure consistant à introduire dans une phrase un changement de mode, de temps, de genre ou de nombre, contrairement à celui qu’appelait la syntaxe. « Ainsi dit le renard, et flatteurs d’applaudir ». La Fontaine, Fables, VII, 1.

Friseli : (n.m.) Léger mouvement souvent accompagné de murmures : frémissement de l’onde, des feuilles, sous l’action du vent…

Sygysie* : (n.f.)  Mouvement régulier d’oscillation de la mer : les grandes marées.

John Meynard Keynes : 1883-1946. (Baron de) Fondateur de la macroéconomie keynésienne.

Apodictique : (adj.) Se dit d’un énoncé nécessaire, qui ne peut être nié.

Enjailler : (v. pron.) Séduire ; faire la fête ; s’amuser ; passer du bon temps.  

Épitaphe de Seikilos ( Wikipédia et youtube ) :

HENRI Épitaphe de Seikilos

 

« La pierre que je suis est une image.

Seikilos me place ici,

Signe immortel d’un souvenir éternel. »

 

L’inscription contient ensuite les paroles suivantes sur lesquelles se déroule la mélodie :

HENRI Épitaphe reconstituée

Épitaphe reconstituée

« Tant que tu vis, brille !

Ne t’afflige absolument de rien !

La vie ne dure guère.

Le temps exige son tribut. »

— Traduction de Théodore Reinach —

   

Publié dans ENO | Pas de Commentaire »

Année 2019 Les voeux du blog

Posté par ENO filles le 1 janvier 2019

VOEUX 2019

Les vœux de Paule

« Les ans naissent à minuit
L’un arrive, l’autre fuit.
Voici la nouvelle année,
Qui pour notre destinée,
Par le ciel nous est donnée. »
Ne sous-estimons pas nos propres ressorts.
Nous sommes capables de l’exceptionnel.
Cette année souriante et ensoleillée
C’est à minuit qu’elle est née.
Nouvel an ! Joie et bonheur !
De bons vœux, on n’en reçoit jamais assez…
Alors je m’empresse de rajouter les miens… à tous ces gens célèbres qui ont en tant souhaité avant moi.
Pragmatiques, à la manière de Victor Hugo pour « Saluer ensemble cette nouvelle année qui vieillit notre amitié sans vieillir notre cœur.»
D’actualité, comme Albert Camus en 1942, « En cette nouvelle année, on ne demande pas grand-chose : du travail et de la santé »
Mais aussi, romantique à la manière de madame de Sévigné, « Que cette nouvelle année vous soit heureuse, que vos jours soient filés de soie ».
En bref! Je vous apporte mes vœux.
« Tâchez d’en faire quelque chose », comme disait Jules Renard

Et c’est valable pour toutes les années à venir : « Meilleurs vœux pour toute la vie, comme ça, c’est fait une fois pour toutes » Philippe Geluck
Et surtout, tachez d’en profiter … Car « il n’est aucune chose qui aille plus vite que les années. » Léonard de Vinci
Mes amis, nous reverrons-nous un jour? Peut-être oui! Peut-être pas!
Mais jamais nous n’oublierons,
Tous les heureux moments, passés ensemble et nos échanges virtuels.
Avec toute mon amitié.

Publié dans Nouvel an | Pas de Commentaire »

THEATRE J’ai laissé le piano dans la maison de MOSTAGANEM

Posté par ENO filles le 12 octobre 2018

JACQUELINE

J’AI LAISSÉ LE PIANO DANS LA MAISON DE MOSTAGANEM

UN SPECTACLE DE JACQUELINE BELLIDO

THÉÂTRE ? CONCERT ?

SANS DOUTE LES DEUX…

AFFICHE PIANO BELLIDO

JACQUELINE BELLIDO A ANTIBES

Le piano est en route

Réveillez vos mémoires!

Il résonnera à Antibes

le 25 novembre 2018 à 15h30

au Palais des congrès de Juan les pins .

La billetterie est ouverte

 

MESSAGE DE JACQUELINE DU 10 OCTOBRE 2018

Hello les ENO et les ZENETTES !

Ce mail pour vous signaler que mon spectacle « J’ai laissé le piano dans la maison de Mostaganem »  est programmé par Antibes le 25 novembre prochain  au Palais des congrès de Juan les Pins .
J’espère très fort que vous pourrez être là.
Pour la première fois, un spectacle sur la vérité de NÔTRE , VÔTRE histoire . C’est important d’y être.
Et bien sûr, en plus,  vous, vous avez une place très particulière en mon cœur. Ça me fera plaisir de vous savoir dans la salle.

TOUTE  l’ACTUALITE DE JACQUELINE SUR SA  PAGE FACEBOOK

JACQUELINE BELLIDO sur France BLEUE    

EMISSION: L’INVITE DU JOUR                                                                                                             

Plus d’informations ICI  

 

Et là …

« Pour réveiller les émotions contenues dans le ventre d’un piano laissé en Algérie lors de l’exode, une femme engage une pianiste et lui demande de s’identifier à Dédée, son amie d’enfance jamais retrouvée et jamais oubliée.

Très loin de toute mise au point partisane, cette histoire d’amitié sacrifiée à la «  arche de l’histoire » mène des routes dramatiques de l’exode à celles glacées de l’exil, évoquant, par touches drolatiques ou bouleversantes.

Les péripéties d’un épisode mal connu : l’installation en France, à l’été 62, d’un million de français, arrachés à une terre, l’Algérie, qu’ils croyaient la leur, et difficilement acceptés par une autre, la France, que jusque-là ils croyaient à eux. La musique sert de pont entre toujours et jamais, le piano interpelle, répond, raconte, il parle.

UN THÈME UNIVERSEL

Au-delà de l’exode des pieds-noirs, au-delà de l’actualité récurrente sur nos écrans, le sentiment de perte et d’exil ne concerne-t-il pas chacun d’entre nous, qu’il soit exilé ou pas ? S’approcher du drame des pieds-noirs à l’été 62, ce n’est peut-être, finalement, qu’aller à la rencontre de soi-même.

Un spectacle envoûtant dont la douceur caresse comme le vent tiède du soir sur les champs d’orangers et dont l’ardeur gifle comme le souffle brûlant du sirocco sur les dunes du Sahara.

Comédienne : Jacqueline Bellido
Piano : Mélina Burlaud

PIANO BELLIDO

 

Un message de Laurence BELLIDO, fille de Jacqueline, veuve de notre camarade normalien JEAN-CLAUDE de la promo 57.

« Salut les ENO ! Voici un article de la journaliste ANNETTE BRIERRE, pour ceux qui étaient au spectacle et ceux qui auraient aimé y être ! 

(Un grand merci à Germaine de s’être déplacée de Toulon et au plaisir de vous voir les autres ENO, à la prochaine date !) »Amicalement, »

Laurence

« J’ai laissé le piano dans la maison de Mostaganem »

  Raccorder deux mémoires déchirées        

  »Il fallait oser. Prendre le risque de raccorder deux mémoires, de tenter de fermer la parenthèse « des Français partis en Algérie avec la gloire et des Français revenus d’Algérie avec l’opprobre ».

Jacqueline Bellido risque cette double gageure. Et gagne son pari.

Quand les dernières notes de piano se sont évanouies, quand les deux actrices quittent discrètement le plateau,  une sorte de paix nous envahit, comme si quelque chose enfin se dénouait en nous. Comme si « la Meuse endormeuse » de Péguy et l’oued el Kheir desséché par le grand soleil d’Algérie s’étaient enfin rapprochés et réconciliés. La petite Jeanne chère à Péguy et les deux petites pieds-noirs Dédée et Jacotte ont accordé leurs mémoires : « Pour la première fois, je sens le voile prêt à se déchirer » dit Jacqueline Bellido à qui il aura fallu plus d’un demi-siècle pour pouvoir écrire cette pièce-catharsis de sa propre histoire.

                                                           La chair de ce pays

D’entrée de jeu, l’atmosphère est créée par cette chanson si émouvante composée et interprétée par Jacqueline Bellido, « l’Algérie, toi mon pays, lost paradis », portée par le piano sublimé de Mélina Burlaud.

 THEATRE  Jacqueline Bellido PIANO Mélina Burlaud

On est immédiatement immergé dans cet univers de senteurs et de couleurs, dont le jasmin et l’olive, la caroube et l’orange, le galant de nuit, le citronnier, le safran et le bougainvilliers, les plages et le soleil « qui brûle tes bras nus, qui affole et décuple le chant étourdissant des criquets, qui te ploie, qui te plie, qui cogne, qui plombe… » constituent la chair de ce pays.

« J’ai laissé le piano dans la maison de Mostaganem « nous saisit au cœur, nous entraîne dans cette Algérie dont l’histoire récente continue de nous hanter, nous les « Français de France » tout autant que les Français d’Algérie.

Jacqueline Bellido imagine un dialogue entre deux petites copines, Jacotte et Dédée, d’abord là-bas dans les années d’enfance puis  ici en France -même si  Dédée disparue est remplacée par Mel, la pianiste- alors que les années ont passé et qu’il a bien fallu apprendre à vivre ensemble en métropole. On rit beaucoup à l’évocation de ce que vécurent ces centaines de milliers de Pieds-Noirs « recasés au-dessus de la Loire » et contraints de se faire accepter par des Français pour le moins rejetants.

C’est grâce aux « p’tits plats » venus de là-bas, les Mantecaos, l’anisette, le couscous, la kémia offerts par la chaleureuse Madame Sintès à la coincée Madame Delalande que naîtra une véritable amitié entre ces personnes aux cultures si différentes :

« On a fait plein de choses ici, depuis 50 ans qu’on est là, reconnaît Jacotte ; qu’on les aurait pas faites là-bas ». ANNETTE BRIERRE

 

  

 

Magnifié par la musique

Le texte si fourmillant de truculences, de petits et grands bonheurs vécus mille fois dans une atmosphère inoubliable de légèreté et d’amour partagé, est magnifié par la musique magistralement interprétée au piano par Mélina Burlaud. La jeune artiste, professeur de piano et concertiste, virevolte avec une virtuosité époustouflante de Schubert à Mozart, de Chopin à Liszt ou Albeniz, de Fauré à Mendelsshon, de Satie à Haydn, ne s’interrompant que pour rejoindre Jacotte sur le plateau et lui donner la réplique.

Ce bain musical tout de délicatesse et d’émotion nous empoigne du début à la fin et nous transporte dans un univers poétique adoucissant toutes les fêlures, toutes les brisures de l’âme et de la mémoire.

« Adieu, Meuse endormeuse et douce à mon enfance… J’ai déjà commencé ma partance en des pays nouveaux où tu ne coules pas… Voici que je m’en vais en des pays nouveaux » dit la petite Jeanne s’en allant bouter les Anglais hors de France. Adieu, lui répond en écho la petite Jacotte, quittant pour toujours l’oued el Kheir de son enfance ensoleillée.

En proposant cette pièce originale et forte, Jacqueline Bellido fait œuvre de résilience qui devrait aider à panser des plaies toujours vives des deux côtés de cette Méditerranée tant chérie par les uns et par les autres.

♦ LE MESSAGE DE JACQUELINE

Pour l’instant ce spectacle est vendu 2 fois sur ma région  pour 1 représentation en janvier et 1 autre en février 2018.
Il reste donc un travail de démarchage très important à réaliser pour que ce spectacle puisse se jouer beaucoup et partout.

Aussi, si dans votre entourage vous connaissez quelqu’un (maires, chargés culturels, responsables d’associations etc.) susceptibles d’être intéressés par l’achat de ce spectacle ou le soutien à sa réalisation,  merci de lui communiquer cette plaquette ainsi que mes coordonnées afin qu’il puisse me contacter.
Et n’hésitez pas à diffuser largement l’info et ce document  La parole est prête maintenant il faut qu’elle vive !!
Gros bisous à tous.
La femme de votre cop’  Jean-Claude. 10 MAI 2017

♦ LE COMMENTAIRE DE GERMAINE

Oui, j’y étais, à Orthez. « J’ai laissé le piano à Mostaganem »

C’est la pièce que Jacqueline Bellido a écrite sur le départ des Pieds- Noirs, les dernières années douloureuses, ce qu’il reste des souvenirs qui, malgré tout s’estompent.

Une prose ni aigre, ni insultante, sans rancune, bien en accord avec la musique du piano qui, lui aussi se souvient, et, à sa façon, nous parle de la violence des flots du Rummel, de la douceur orientale de nos divers langages, le tout mêlé d’un brin d’ironie et beaucoup de mélancolie. Que d’émotion!

Ça n’était pas seulement un One woman show, mais un dialogue entre le piano et Jacquie.

Et pour moi, la question, soudain:

« Vous n’êtes pas chez vous, après tout, vous devez partir! »

Puis, quelques mois plus tard: « On a eu une guerre à cause de vous, vous nous envahissez, fichez le camp! Repartez chez vous! »

Et, avec beaucoup de tendresse et un peu de désespoir, la voix inquiète de Jacqueline qui se demande: « Mais c’est où chez nous? C’est où ? »

Oui, un grand point d’interrogation en moi, même si j’ai été parfois assez bien ici ou là, je ne me suis jamais sentie chez moi nulle part.

J’ai eu le plaisir de rencontrer plusieurs de ses amis ex-Mostaganem, mais aucun ENO.

Est-ce parce que vous n’étiez pas au courant?  

Toujours est-il que la pièce a fait salle comble et que Jacqueline, à la demande générale va contacter plusieurs autres théâtres et tourner  dans le pays.

Je vous recommande d’aller voir l’histoire de ce piano, well, un peu notre histoire.

Et moi, votre amie lointaine, de distance et de cœur, je pense à vous et vous dit comme dans mon dernier pays: « I love you! » GERMAINE

 

 

Publié dans Algérie, Nostalgérie | 1 Commentaire »

LES NORMALIENS

Posté par ENO filles le 8 septembre 2018

Bonjour les Enoliens

Je vous fais part des commentaires que j’ai découvert aujourd’hui par hasard sur le volet 1.

Cela en intéressera peut-être quelques-uns de nos amis Enoliens.

Rendez-vous sur CETTE PAGE

Publié dans ENO | Pas de Commentaire »

Nostalgérie par JWG

Posté par ENO filles le 12 janvier 2018

« Je retrouve dans mes documents des photos d’Algérie d’Arthus Bertrand bien
meilleures que les images de la télé . Elles ont illustré un calendrier de  2010 et je les garde précieusement  « par devers moi » . JWG

PPS: L’OUEST ALGERIEN.pps

<a href= »http://www.fichier-pps.fr/2015/07/01/l-ouest-algerien/ »>fichier PPS: L’OUEST ALGERIEN.pps</a>

http://www.fichier-pps.fr/2015/07/01/l-ouest-algerien/

 

http://www.fichier-pps.fr/r/gqO5/

http://www.fichier-pps.fr/2015/07/02/algerie-de-l-ouest/

Voir les autres régions du pays vue du ciel L’Ouest Algérien Centre-ville de Tlemcen Mansourah Tlemcen La grande mosquée Tlemcen Cultures près de Tlemcen Les Djedars  monuments funéraires près de Fenda Marabout de Sidi Hosni Mairie de S.B.A Sidi Bel Abbès Sidi Bel Abbès Eglise entre les habitants Domaine agricole près de Sidi Bel Abbès Vue générale d’Oran La gare d’Oran Les arènes d’Oran Salines d’Arzew Mers El-Kebir Kristel Oran Cap El Maleh Aïn El Turk Cap Falcon Cap d’Acra Beni Saf La cote de Ghazaouet Oued el Malah Culture sur Falaises Oued el Malah Mont de Traras Ghazaouet Ghazaouet La cote de Ghazaouet Pêcheurs à Ghazaouet Cap Zedjar, Oued El Melah  Daïet El Ferd Tlemcen Daïet El Ferd Tlemcen

 

 

Publié dans Algérie, Nostalgérie | Pas de Commentaire »

Avez-vous connu Lucette Evain-Lacan ?

Posté par ENO filles le 12 janvier 2018

EVAIN-LACAN Lucette Avez-vous connu Lucette Evain-Lacan ? dans ENO homepage de CARTELEGUE (Gironde) a écrit sur le livre d’or, le 14-07-2014 à 09:40

« Félicitations aux créateurs du site et à cette belle initiative pour se retrouver.

Ex surveillante ENO entre 1961-62 classe de 2e A

En 1961-62 j’avais en ce qui me concerne quitté l’école normale et pris mon premier poste à l’école Maternelle de Misserghin ».

- Voir son commentaire dans l’article du 14 novembre 2012:

« La dernière promo – Marie Llopis Lavergne »

NDLR – Lucette auriez-vous des photos de vous de l’époque?

Un message qui était resté dans mes brouillons

Désolée

Laissez un commentaire  ou utilisez le formulaire de contact

 

Votre nom : (oblig.)
Votre email : (oblig.)
Site Web :
Sujet :
Message : (oblig.)
Vous mettre en copie (CC)
 

 

 

Publié dans ENO, Personnel d'encadrement | Pas de Commentaire »

Salut les copains

Posté par ENO filles le 12 janvier 2018

Salut les copains

 

Un envoi qui vaut cher : on retrouve sa jeunesse !

602 titres, alors forcément il doit y en avoir quelques uns qui réveillent nos souvenirs. Bon rajeunissement !
Une page qui vaut de l’or…                                                                                                      CLIQUEZ SUR LE DISQUE
image

Publié dans ENO | Pas de Commentaire »

Toutes les chansons de Johnny à écouter

Posté par ENO filles le 5 janvier 2018

Nostalgie quand tu nous tiens!

Toutes les chansons de Johnny à écouter … >                             

(Exemple : Diégo)

Pour ceux qui n’ont pas encore ce lien.

 

cliquez sur l’image

les chansons de Johnny2

Publié dans Johnny Hallyday, Musique | Pas de Commentaire »

Le Larousse des chansons anciennes

Posté par ENO filles le 14 décembre 2017

UNIQUE!  (un apport de Jean WG)

Le Larousse des chansons anciennes

MUSIQUE LAROUSSE CHANSONS

Absolument magnifique, à conserver précieusement.

PAROLES ET MUSIQUE ! Vraiment très ancien!

Même si la chanson ne vous passionne pas particulièrement, gardez le précieusement.

Voici un trésor de belles vieilles chansons – LE GRAMOPHONE ! Extraordinaire ! Ça c’est une vraie trouvaille !

Si vous cliquez en bas, vous changez de répertoire et vous multipliez les titres… il y en a pour tous les goûts…

Chansons de votre enfance, de vos parents, de vos camps de vacances de vos cérémonies, de Noel, du plus récent parfois…

Trésor pour les amoureux de chansons (anciennes) et de rythmes variés

PLEIN DE CHANSONS !

musique

CLIQUER ICI

Ou directement sur une chanson

  – À   Honolulu
- À   la bataille de Châteauguay
- À la mi-août
- À la   porte du jardin
- Acropolis   adieu
- Adieu mon   coeur
- Adieu   monsieur le Professeur
- Adieu Venise   provençale
- Ah! c’   qu’on s’aimait
- Ah! le   petit vin blanc
- Aimer
- Alors je   chante
- Amène-toi   chez nous
- Amusez-vous
- As-tu deux   minutes?
- Au bord de   l’eau
- Au   temps de la bonne chanson
- Aux   marches du palais
- Ave Maria (Schubert)
- Bercés par   la houle
- Berceuse
- Bleu, blanc,   blond
- Bon   anniversaire
- Bon   anniversaire (2)
- Brave marin
- Brise des   nuits
- C’est beau   la vie
- C’est l’ R-100
- C’est ma   chanson
- C’est   Ti-Pit Trépanier
- Ça s’est passé   un dimanche
- Cane… Cane…   Canebière
- Casta Diva
- Cet anneau   d’or
- Chansons d’amour
- Chante fort quand   le coeur est triste
- Chante-la ta chanson
- Chanter la vie
- Chiquitita
- Comme tout   le monde
- Comme un   soleil
- Dans le soleil   et dans le vent
- Dans les   bras d’un matelot
- Dans ma   péniche
- Destin
- Deux ailes et trois   plumes
- Dis-moi ce qui   ne va pas
- Dis-moi ce qui   ne va pas (2)
- Do – ré – mi – fa
- Dominique
- Domino
- Douce France
- Du gris
- Du   soleil dans ses yeux
- En suivant   l’étoile
- Enfants   de tous pays
- Envoi de   fleurs
- Étoile des   neiges
- Évangéline
- Évangéline (2)
- Évangéline   Acadian Queen
- Fleur de Paris
- Franz
- Frou-Frou
- Gens du pays
- Hymne à l’amour
- Hymne au   printemps
- Hymne au Québec
- Il a mal aux   reins, Tintin
- Il   n’est jamais trop tard pour vivre
- J’ai planté un   chêne
- J’ai tant pleuré
- J’aime   Paris au mois de mai
- J’attendrai
- Je chante
- Je   chante avec toi Liberté
- Je finirai par   l’oublier
- Je m’ennuie de   toi
- Je n’aurai   pas le temps
- Je rêve au fil   de l’eau
- Je reviens   chez nous
- Je t’ai   donné mon coeur
- Je te le le
- Je   voudrais un joli bateau
- L’amour en   héritage
- L’Angélus de la   mer
(1)
- L’Angélus de   la mer
(2)
- L’anneau d’argent
- L’appétit vient en   mangeant
- L’appétit vient en   mangeant
(2)
- L’arbre et   l’enfant
- L’écritoire
- L’étoile du soir
- L’hirondelle
- L’hymne au   printemps
- La ballade   des gens heureux
- La ballade   du chien-loup
- La Belle de Cadix
- La cabane à sucre
- La chanson de   Lara
- La chanson des   blés d’or
- La chanson du   coeur
- La chapelle   au clair de lune
- La   complainte du soldat
- La courte échelle
- La gamme et   l’amour
- La java bleue
- La langue de   chez nous
- La licorne
- La Madelon
- La Madone
- La Madone aux   fleurs
- La maison grise
- La Manic
- La Marie-Joseph
- La mer
- La mer ressemble à   ton amour
- La Paimpolaise
- La petite   diligence
- La petite église
- La petite   Tonkinoise
- La plus bath   des javas
- La plus   belle chose au monde
- La première   étoile
- La prière
- La Provence
- La rumeur
- La tendresse
- La valse brune
- La valse des   chansons
- La vie d’un   cowboy
- La vieille église
- Le bateau de   pêche
- Le bleu de l’été
- <= »">Le   café au lait au lit
- Le café des trois   colombes

 

- Le   carillonneur
- Le chalet bleu
- Le chapeau à   plume
- Le chien   dans la vitrine
- Le clocher   d’amour
- Le   clocher de mon village
- Le coeur   en bandoulière
- Le cor
- Le credo du   paysan
- Le credo du   paysan (2)
- Le curé   de notre village
- Le feu a   détruit l’église
- Le fiacre
- Le galérien
- Le   gentil dauphin triste
- Le marchand   de bonheur
- Le moulin qui   jase
- Le pêcheur
- Le   petit bal du samedi soir
- Le petit bonheur
- Le petit   cordonnier
- Le petit   Grégoire
- Le réveil rural
- Le sirop Typhon
- Le soleil et la   lune
- Le souvenir
- Le tango   des fauvettes
- Le temps des   cerises
- Le temps   qu’il nous reste
- Le toit de   ma maison
- Le   tremblement de terre
- Les berceaux
- Les deux   moitiés du monde
- Les enfants   s’ennuient le dimanche
- Les fiancés   du Lac de Côme
- Les gars de   la marine
- Les gens âgés
- Les gens   sans importance
- Les   lavandières du Portugal
- Les   oiseaux dans le soir
- Les Pescadous
- Les Rameaux (R.   Jobin)
- Les Rameaux (R.   Verreau)
- Les rogations
- Les roses   blanches
- Les rubans   rouges
- Les trois   cloches
- Les   vieilles de chez nous
- Les vieux mariés
- Lily Marlène
- Ma belle   au bois dormant
- Ma cabane   au Canada
- Ma Miette
- Ma Normandie
- Ma   Pamplemousse
- Ma petite   folie
- Ma Vérité
- Maintenant   je sais
- Maître Pierre
- Malheur à   celui qui blesse un enfant
- Mama Leone
- Marin
- Mes jeunes   années
- Mille colombes
- Mon ange
- Mon chapeau   de paille
- Mon   coeur est un violon
- Mon enfant
- Mon gentil   pêcheur
- Montevideo
- Notre sentier
- Où va l’amour ?
- Padre Don José
- Papa, ô papa
- Par amour
- Paradiso
- Parle plus bas
- Parle-moi
- Parle-t-il   de moi ?
- Petit vieux,   petite vieille
- Plaisir   d’amour
- Pour les   enfants du monde entier
- Pourquoi   loin de toi
- Prendre un   enfant par la main
- Prends le   temps
- Près de Naples   la jolie
- Prière
- Prière à la   Madone
- Qu’est-ce   qu’on attend …
- Qu’il est loin   l’amour
- Quand la   mer monte
- Quand   on est deux amis
- Quand on   s’aime bien tous les deux
- Quand on   s’aime bien tous les deux (2)
- Quand un   petit oiseau
- Quand un   vicomte
- Que Dieu   protège notre amour
- Retour
- Reviens   Piccina Bella
- Rien que   mon coeur
- Riquita
- River Blue
- Roses   blanches de Corfou
- Roule   s’enroule
- Sancta Maria   de la mer
- Sérénade   sans espoir
- Serons-nous   spectateurs
- Si tous les   gars du monde
- Si tous   les oiseaux
- Soledad
- Sombreros   et mantilles
- Sous les   ponts de Paris
- Souvenirs   de Marseille
- Spinning Wheel
- Sur ce   vieux rocher blanc
- Sur le   plancher des vaches
- Toi l’ami
- Toi qui t’en   vas
- Tout va très   bien Madame la Marquise
- Un amour   comme le nôtre
- Un jour à la   fois
- Un   monsieur attendait
- Un petit   cabanon
- Un tout   petit nid
- Une chanson   douce
- Une   place pour me garer
- Une promesse
- Une vague   bleue
- Va   lui dire que tu l’aimes
- Vivre au   soleil
- Vivre seule
- Vous   avez qué’que chose
- Voyage au   Canada
- Y’a d’la joie
- Y’a des loups
- Y’a une étoile

 

Publié dans Musique | Pas de Commentaire »

Hommage à Jean d’Ormesson – discours du Président Macron

Posté par ENO filles le 11 décembre 2017

Ce vendredi 8 décembre, la nation a rendu hommage à l’académicien disparu à l’âge de 92 ans.

Après la célébration en son honneur à la cathédrale Saint-Louis des Invalides, le président de la République a présidé la cérémonie au cours de laquelle il a livré un discours brillant.

C’est dans la cour d’honneur des Invalides qu’Emmanuel Macron s’est adressé une dernière fois à Jean d’Ormesson.

Dans un discours intense et poignant, le président a salué l’intelligence, le talent et la légèreté de l’écrivain qui le définissait si bien. Au terme de son discours, il est allé déposer sur le cercueil de l’académicien un crayon à papier, «un simple crayon, le crayon des enchantements», comme le souhaitait Jean d’Ormesson.

Retrouvez ici l’intégralité de son discours.

2017-12-11

«Messieurs les présidents, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs les parlementaires, Mesdames et Messieurs les académiciens, Mesdames et Messieurs les membres du corps préfectoral, Mesdames et Messieurs les membres du corps diplomatique, chère Françoise d’Ormesson, chère Héloïse d’Ormesson, chers membres de la famille, chère Marie-Sarah, Mesdames et Messieurs.

«Si claire est l’eau de ces bassins, qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur». Ces mots sont ceux qu’André Gide écrit dans son Journal à propos de la Bruyère.

Ils conviennent particulièrement à Jean d’Ormesson.

Car plus qu’aucun autre il aima la clarté. Celle des eaux de la Méditerranée, dont il raffolait, celle du ciel d’Italie, celle des maisons blanches de Simi, cette île secrète des écrivains. Celle des pentes enneigées et éclatantes où il aimait à skier, comme celles des criques de la côte turque, inondées de soleil.

Ne fut-il pas lui-même un être de clarté?

Il n’était pas un lieu, pas une discussion, pas une circonstance, que sa présence n’illuminât. Il semblait fait pour donner aux mélancoliques le goût de vivre et aux pessimistes celui de l’avenir.

Il était trop conscient des ruses de l’Histoire pour se navrer des temps présents, et sa conversation, elle-même, était si étincelante qu’elle nous consolait de tout ce que la vie, parfois, peut avoir d’amer.

«Cette grâce lumineuse, contagieuse, a conquis ses lecteurs qui voyaient en lui un antidote à la grisaille des jours»

Jean d’Ormesson fut ainsi cet homme entouré d’amis, de camarades, offrant son amitié et son admiration avec enthousiasme, sans mesquinerie. Ce fut un égoïste passionné par les autres. Sans doute son bréviaire secret, était-il Les Copains de Jules Romains, auquel il avait succédé à l’Académie française. Berl, Caillois, Hersch, Mohrt, Déon, Marceau, Rheims, Sureau, Rouart, Deniau, Fumaroli, Nourissier, Orsenna, Lambron ou Baer… je ne peux les citer tous, mais cette cohorte d’amis, ce furent des vacances, des poèmes récités, de la liberté partagée.

Pour ceux qu’il accompagna jusqu’au terme ultime, sa présence et sa parole furent des baumes incomparables. Comme son cher Chateaubriand le disait de Rancé, «on croyait ne pouvoir bien mourir qu’entre ses mains, comme d’autres y avaient voulu vivre».

Cette grâce lumineuse, contagieuse, a conquis ses lecteurs qui voyaient en lui un antidote à la grisaille des jours. Paul Morand disait de lui qu’il était un «gracieux dévorant», rendant la vie intéressante à qui le croisait. C’est cette clarté qui d’abord nous manquera, et qui déjà nous manque en ce jour froid de décembre.

Jean d’Ormesson fut ce long été, auquel, pendant des décennies, nous sommes chauffés avec gourmandise et gratitude. Cet été fut trop court, et déjà quelque chose en nous est assombri.

Mais celui que l’on voyait caracoler, doué comme il l’était pour l’existence et le plaisir, n’était pas le ludion auquel quelques esprits chagrins tentèrent, d’ailleurs en vain, de le réduire.

«Jean d’Ormesson était de ceux qui nous rappelaient que la légèreté n’est pas le contraire de la profondeur, mais de la lourdeur»

La France est ce pays complexe où la gaieté, la quête du bonheur, l’allégresse, qui furent un temps les atours de notre génie national, furent un jour, on ne sait quand, comme frappés d’indignité. On y vit le signe d’une absence condamnable de sérieux ou d’une légèreté forcément coupable. Jean d’Ormesson était de ceux qui nous rappelaient que la légèreté n’est pas le contraire de la profondeur, mais de la lourdeur.

Comme le disait Nietzsche de ces Grecs anciens, parmi lesquels Jean d’Ormesson eût rêvé de vivre, il était «superficiel par profondeur».

Lorsqu’on a reçu en partage les facilités de la lignée, du talent, du charme, on ne devient normalement pas écrivain, on ne se veut pas à toute force écrivain, sans quelques failles, sans quelques intranquillités secrètes et fécondes.

«J’écris parce que quelque chose ne va pas» disait-il, et lorsqu’on lui demandait quoi, il répondait: «Je ne sais pas». Ou, plus évasivement encore: «Je ne m’en souviens plus.» Telle était son élégance dans l’inquiétude.

Et c’est là que l’eau claire du bassin soudain se trouble. C’est là que l’exquise transparence laisse paraître des ombres au fond du bleu cobalt. Un jour vint où Jean-qui-rit admit la présence tenaillante, irréfragable, d’un manque, d’une fêlure, et c’est alors qu’il devint écrivain.

Ses yeux aujourd’hui se sont fermés, le rire s’est tu, et nous voici, cher Jean, face à vous. C’est-à-dire face à vos livres. Tous ceux que vous aviez égarés par vos diversions, que vous aviez accablés de votre modestie, tous ceux à qui vous aviez assuré que vous ne dureriez pas plus qu’un déjeuner de soleil, sont face à cette évidence, dont beaucoup déjà avaient conscience, se repassant le mot comme un secret.

Cette évidence, c’est votre œuvre. Je ne dis pas: vos livres, je ne dis pas: vos romans. Je dis: votre œuvre. Car ce que vous avez construit avec la nonchalance de qui semble ne pas y tenir, se tient devant nous, avec la force d’un édifice où tout est voulu et pensé, où l’on reconnaît à chaque page ce que les historiens de l’art appellent une palette, c’est-à-dire cette riche variété de couleurs que seule la singularité d’un regard unit.

La clarté était trompeuse, elle était un miroir où l’on se leurre, et le temps est venu pour vous de faire mentir votre cher Toulet. «Que mon linceul au moins me serve de mystère», écrivait-il. Votre linceul, lui, désormais vous révèle.

Nous devrons, pour vous entendre, à présent tendre l’oreille, et derrière les accords majeurs nous entendrons, comme chez Mozart, la nuance si profonde des accords mineurs.

Ce que votre politesse et votre pudeur tentaient de nous cacher, vous l’aviez mis dans vos livres.

Et ce sont les demi-teintes, le «sfumato» subtil, qui vont à présent colorer la surface claire.

Ce sont ces mille couleurs qui flottent comme sur de la «moire» précisément, dont Cocteau parlait en essayant de qualifier les blancs de Cézanne.

Nous ne vous découvrirons ni triste, ni sombre, mais derrière votre ardeur nous saurons voir une fièvre, derrière vos plaisirs une insatisfaction, et derrière votre bonheur quelque chose d’éperdu, de haletant, qui nous touche en plein cœur.

«C’est ainsi que vous avez noué avec les Français (…) une relation particulière, une proximité en humanité qui n’était qu’à vous

Nous entrerons dans le secret de cette âme qui s’est si longtemps prétendue incrédule pour comprendre qu’elle ne cessa d’embrasser le monde avec une ferveur mystique, débusquant partout, au cœur de son ordre improbable et évident, ce Dieu, au fond si mal caché, dont vous espériez et redoutiez la présence et qui, peut-être, dans quelque empyrée, vous fit enfin: «La fête continue

Vous ne nous aviez pas si bien trompés, il est vrai. Nous savons que votre conversation la plus personnelle était réservée à ces écrivains que fascinèrent les mystères du monde, et d’abord l’insondable mystère du temps.

Cheminer avec Saint-Augustin, Chateaubriand, Proust, c’est n’être point dupe des arcanes de la vie.

S’entretenir par-delà la mort avec Caillois, Berl, ou votre père, c’est frayer dans des contrées parfois austères où vous alliez nourrir la force de vos livres.

C’est dans ces confrontations intimes que vous alliez puiser cette énergie incomparable. Contrairement à Chateaubriand, encore lui, qui se désespérait de durer, vous avez cru qu’en plongeant au cœur des abîmes de la vie vous trouveriez la matière revigorante et universelle de livres où chacun reconnaîtrait sa condition, où chacun se consolerait de ses contradictions.

Et pour cela vous avez inventé, presque sans la chercher, cette forme nouvelle tenant de l’essai, de l’entretien, de la confession et du récit, une conversation tantôt profonde, tantôt légère, un art libertin et métaphysique.

C’est ainsi que vous avez noué avec les Français, et avec vos lecteurs dans tant de pays, une relation particulière, une proximité en humanité qui n’était qu’à vous.

Le courage de l’absolu dans la politesse d’un sourire.

C’est cela votre œuvre, elle vous lie à Montaigne, à Diderot, à La Fontaine et Chateaubriand, à Pascal et Proust, elle vous lie à la France, à ce que la France a de plus beau et de plus durable: sa littérature.

«Nous vous demandons pardon, Monsieur, de ne pas vous avoir tout à fait écouté, pardon pour cette pompe qui n’ajoute rien à votre gloire»

C’est le moment de dire, comme Mireille à l’enterrement de Verlaine: «Regarde, tous tes amis sont là.» Oui, nous sommes là, divers par l’âge, par la condition, par le métier, par les opinions politiques, et pourtant profondément unis par ce qui est l’essence même de la France: l’amour de la littérature et l’amitié pour les écrivains.

Et ce grand mouvement qu’a provoqué votre mort, cette masse d’émotion, derrière nous, derrière ces murs, autour de nous et dans le pays tout entier, n’a pas d’autres causes. À travers vous la France rend hommage à ce que Rinaldi appelait «la seule chose sérieuse en France, si l’on raisonne à l’échelle des siècles».

Évoquant, dans un livre d’entretien, votre enterrement, vous aviez écrit: «À l’enterrement de Malraux, on avait mis un chat près du cercueil, à celui de Defferre c’était un chapeau, moi je voudrais un crayon, un crayon à papier, les mêmes que dans notre enfance. Ni épée, ni Légion d’honneur, un simple crayon à papier

Nous vous demandons pardon, Monsieur, de ne pas vous avoir tout à fait écouté, pardon pour cette pompe qui n’ajoute rien à votre gloire. Avec un sourire auriez-vous pu dire peut-être que nous cherchions là à vous attraper par la vanité et peut-être même que cela pourrait marcher.

Non, cette cérémonie, Monsieur, nous permet de manifester notre reconnaissance et donc nous rassure un peu. Du moins puis-je, au nom de tous, vous rester fidèle en déposant sur votre cercueil ce que vous allez et ce que vous aviez voulu y voir, un crayon, un simple crayon, le crayon des enchantements, qu’il soit aujourd’hui celui de notre immense gratitude et celui du souvenir.

Je vous remercie.»

Magnifique discours!

Document envoyé par Yvette B., organisatrice du Club de lecture d’Isthmia (ma résidence).

Merci Yvette

Publié dans Actualité, Litterature | Pas de Commentaire »

12345...15
 

Fac Verte Lyon |
A.P.E Ecole Léonard de Vinci |
L'ancre mouillée |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Vivre à Portivy
| Au coeur du Coeur
| Virade de l'Espoir de ...